mercredi 28 novembre 2018
j'aime
j'aime, l'odeur de l'herbe éblouissante après la pluie, le prisme de la lumière naissante quand s'apaise les nuées, le pepiement des arbres à l'eveil du printemps, la lueur d'un oeil complice, le plissement déployé de joie sur la peau des tempes, la caresse inattendu de la bise sur ma joue, ma gorge saisi, une nuque feminine dégagée, la rugosité d'une écorce sous l'effleurement de mes doigts, le pourpre brut d'une fleur, un vieux carroussel à deux étages lancé dans sa ronde folle, les paravents de bois, l'apaisement atmosphérique des levants et des couchants, les ombres qui s'étirent dans un contre jour, les longues perspectives des chemins infinis, l'odeur forte du café pur au petit matin solitaire avant la rencontre du monde, des yeux qui semble des agathes, le souvenir d'un reveil inattendu dans le canapé du salon après un noël d'enfance, le souvenir de minutes d'amour transcendé, la première fois, la mélodie d'un pipeau dans l'air du soir d'un campement, mon corps gorgé de chaleur en italie, la lueur lunaire sur les courbes d'un corps humain, une coccinelle rouge, la croissance imperseptible des plantes, le son d'un cloche au lointain apparu, le clapotis répété de l'eau immobile, les voix pleines des enfants curieux, l'oubli de soi dans les rumeurs mystérieuses de la vie, le reflet déformé, mon corps embrassé sans retenu contre le votre, la fatigue sereine, le mouvement des caléidoscopes, la dégustation gourmande des mots : croqué, goutu, savoureux, souffler dans un harmonica jusqu'au vertige, t'imaginer nu, puis te voir, crayonner, faire de petits bonds, sentir une main douce dans mes cheveux, un poème relu, être une seconde perdu sur un chemin trop connu, te reconnaitre de loin, les chapeaux de vieux polars, retrouver la profondeur du ciel au sortir d'un cinéma, la respiration des vivants, m'endormir sans m'en rendre compte - avril 2016
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