Je t’envie tes larmes Ulysse Toi qui demi dieu pleurait chaudement Sans que quiconque n’en fasse une faiblesse. Je t’envie ces larmes Ulysse Qui ce soir à flot me déchire l’âme Sans trouver la fontaine lacrymale où jaillir Etre un homme aujourd’hui Ulysse Ne se suffit plus de bravoure et d’honnêteté De celles dont tu faisait tant preuve à pleurer ainsi Mais se mesure à l’imperméabilité D’un masque, Ulysse, à l’expression rigide Derrière lequel s’effondre tout le sens de ton Odyssée. Je t’envie tes larmes, Ulysse Car à ne pas les sentir perler à mes joues Je ne sais plus si je suis digne d’être épargné des dieux. (2006)
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