dimanche 29 mars 2009

Torrent de vie.

Torrent infernal, Déboule, S’enroule, Dévore cannibale, Les années, Les pensées, Et m’entraîne, Sans but, Dans sa cavalcade J’y ballote, J’y écope, J’y suffoque Je me débats, Nage, Cherche du bois, Rien n’y fait, Je m’y noie peu à peu. « La rive, oh la rive ! », Je tends le bras, Mais je dérive en houle fracassée, Et les brindilles de la berge cèdent, Une à une, Les rives lissent, Me glissent entre les doigts, Un à un, Les matins se disloquent, Finissent en loques, En glas. Et je croie, Je prie, malgré moi : « Lac, Oh lac, Accueille moi enfin ! Ne suis-je pas digne d’être serein ? » Mais l’horizon se fond en courant, En remoud ravagé d’émoi et de râle, En eau glacée, Enragé de temps à dévorer. (2006)

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