Il me regarde. Il ne dit jamais rien. Profond comme une abyme, Pourtant impénétrable, Il guette la moindre nuance, Le moindre de mes traits. Il me regarde, L’air de rien, Et vole sous mon nez, Insolemment, la grimace Qui, petit pas à petit pas, S’étend sur mon visage. Il me regarde Et je lui tire la langue. Je le dévisage à mon gré, Lui étire la bouche et le nez, Puis disparaît de sa vue. Quand je reviens ; il rie de moi. Tu me regardes, Intime ennemie, Insondable ami, Toujours rivé à mes yeux, Et je te regarde, moi aussi. Tu ne cèdes pas ; jamais ; Jamais avant moi. (2006)
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