Sous la peau de ses doigts, de l’ivoire encore muet ; Dans son cœur, le sang qui, de plus en plus, jaillit. Alors que ses yeux boivent le feuillet ; Encore incertain, son être déjà n’est plus de cette réalité. Les souvenirs remontent comme des vagues pour venir épouser ce qui déjà dans son esprit s’esquisse : une nouvelle réalité sonore, un pays de possibles. Une inspiration profonde ; humant les lignes de croches avant l’ultime souffle ; Et son corps plonge, s’écoulant le long de ses artères dans le plus profond de ses doigts, pour enfin pénétrer une touche toute crémeuse, puis une autre d’ébène, puis de multiples au goûts nacrées, à la peau de sabbat ; la danse de son corps monte et descends en vague de sons ; Tout fond dans le poumon de bois qui chante tel une sirène amoureuse, tout, tout ce que jamais les mots non pu dessiner ; et ils résonnent en elle, et ils emplissent l’air de poèmes indicibles, tous ces dires muets ; et les fontaines coulent abondamment de miel et d’eau pur. Elle est piano comme un songe exaucé : Sa sérénité pleure enfin ! (2006)
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