dimanche 22 février 2009

Voile entre deux cœurs

Hostile temps qui passe, morose désuétude, S’écoule et nous efface, nous laisse la solitude, De l’absence écueil amer de nos espoirs, Du silence en recueil, les mots : sons dérisoires ! Des jours et des journées, de strasses, de frasques, Espaces occupés aux traits tirés d’un masque ! Mais, aux ombres du soir, renaît cet opuscule, Ravivent la mémoire, le passé nous accule ! L’insomnie nous emporte vers un monde de rimes, Où les alizés morts nous manquent dans l’abyme ! Ce souvenir charmant où quelques pas de toi, Loin des heures, loin du temps, s’égayait près de moi ! Des regards insolites, des caresses volées, Des phrases qui abritent de douces vérités ! Belle complicité, désir véhément, Parfums exotiques de nos corps aimants ! Rejoins-moi en ce rêve ma douce, mon amie ! Le temps n’a pas de trêve pour perdre tant de vie, A s’obstiner de croire la passion sans espoir, La pitié une gloire, la morale un avoir ! « Je l’aime » ne suffit pas quand il doit résister, Pour ne pas voir son glas, a tant de vérité ! « Je l’aime » n’est qu’une peur quand il se crie trop haut ! Un voile entre deux cœurs, un mépris, juste un mot ! Lui, se tient sur la grève des illusions passées. Rejoins-moi en ce rêve ma perle, mon orée ! Je t’attends au songe où tu m’as délaissé ! Les sens me rongent de ce hâle envolé. Viens retendre cet arc, de frissons langoureux, De taquines remarques déjouant mes aveux ! Viens sous les nuages, nos têtes accolées, Parler de voyages aux souffles entrelacés ! Oh tant à s’apprendre, tant à s’apprivoiser ! D’histoire de nos cendres, de jeux à pavoiser. Oh tant à s’éprendre, tant à se mériter ! De regards à tendre, de cœur à dévoiler. (2002)

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