Hostile temps qui passe, morose désuétude, S’écoule et nous efface, nous laisse la solitude, De l’absence écueil amer de nos espoirs, Du silence en recueil, les mots : sons dérisoires ! Des jours et des journées, de strasses, de frasques, Espaces occupés aux traits tirés d’un masque ! Mais, aux ombres du soir, renaît cet opuscule, Ravivent la mémoire, le passé nous accule ! L’insomnie nous emporte vers un monde de rimes, Où les alizés morts nous manquent dans l’abyme ! Ce souvenir charmant où quelques pas de toi, Loin des heures, loin du temps, s’égayait près de moi ! Des regards insolites, des caresses volées, Des phrases qui abritent de douces vérités ! Belle complicité, désir véhément, Parfums exotiques de nos corps aimants ! Rejoins-moi en ce rêve ma douce, mon amie ! Le temps n’a pas de trêve pour perdre tant de vie, A s’obstiner de croire la passion sans espoir, La pitié une gloire, la morale un avoir ! « Je l’aime » ne suffit pas quand il doit résister, Pour ne pas voir son glas, a tant de vérité ! « Je l’aime » n’est qu’une peur quand il se crie trop haut ! Un voile entre deux cœurs, un mépris, juste un mot ! Lui, se tient sur la grève des illusions passées. Rejoins-moi en ce rêve ma perle, mon orée ! Je t’attends au songe où tu m’as délaissé ! Les sens me rongent de ce hâle envolé. Viens retendre cet arc, de frissons langoureux, De taquines remarques déjouant mes aveux ! Viens sous les nuages, nos têtes accolées, Parler de voyages aux souffles entrelacés ! Oh tant à s’apprendre, tant à s’apprivoiser ! D’histoire de nos cendres, de jeux à pavoiser. Oh tant à s’éprendre, tant à se mériter ! De regards à tendre, de cœur à dévoiler. (2002)
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