mercredi 25 février 2009

Vivre comme…

Tu restes là, au port de ton bureau, Encré face à la vitre. Et coule dehors, La vie qui passe, les reflets de l’eau ! Tu rêves d’y flotter, gîter par bâbord, Epanouir ta voile, fendre l’écume ! Mais rien n’y fait, tu restes près des dunes. Des amarres enserrent ton cœur avide, Attisé pourtant, d’aller voir le large, Mais les cordages s’étreignent, arides, Etouffe le vent, referme la cage. Tu restes au désert de ta chambre, De craintes brûlé ; gelé des membres, Statue de sel, qui ne peut ces frégates, Où se partagent les rires et les dates, Où naviguent les foules vers l’outre-mer. Et tu restes là, phare solitaire, Eventré en tempêtes de malheurs, Sombré de malaises, pris de sueurs. Tu restes là, au port de ton bureau. Pelote d’âme sur le quai des peurs, Brisé sous l’opale ressac des heures, Qui craque ta coque de mille accros. Seul face à l’océan, cache ta douleur, D’être timide, vivre comme un voleur ! (2003)

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