Par les traverses d’une charmante forêt, Un homme, paisible, suivant son pas, errait. Lorsqu’au fil de sa rêverie ; la nuit surgit ! Ogres, Sorcières, sortent de leurs contes. Arbres, fougères, crient, le coursent, le traquent, Les ombres le croquent, la crainte l’envahit. Il fuit dans le vent, se cache aux clairières, Mais n’arrive pas à semer ce trouble néant, Qui l’assaille, l’encercle, le saigne jusqu’à blanc, Le mange à jamais, n’écoute ses prières. Recroquevillé sous sa peau, main en masque, Il clos ses oreilles, perdu de solitude. Le matin paresseux, naïf héros d’un jour, Vint sauver cette âme, dénoyée, éperdue. Apaisée par la lumière, épris d’amour, Il se lève tout de bon. Calmé et ardu, Il reprend alors route, égayé de sa peur, Et rentre plus vivant jusqu’à sa demeure. (2000)
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