* Va petite fille au pays du sommeil ! Laisse gronder le monde que rien n’émerveille. Laisse passer les bombes, le tonnerre des combats. Ils ont oublié. Douce enfant repose-toi ! J’aurais voulu te dire que la vie vaut la veille. Les yeux comme des pommes, croquer à plein iris, Un morceau de bohème, une gorgée de soleil, Et ne jamais pleurer que de n’avoir trop ri. J’aurais souhaité te dire mais la télévision, De ses ondes, a hurlé que la guerre était là, Et nos yeux sont voilés dès lors à ce glas. Va petite fille au pays des merveilles ! Ils ont oublié. Douce enfant goûte ce miel ! Je reviens, c’est promis ! Le mépris n’est si long.
** Où es-tu douce enfant par tant de feux follets ? Dans les brumes des gaz se troublent tes reflets. Oh ! Fermer les yeux te mirer, te serrer à Bras désarmés, enlacer en mille fils en soie ! Je ne sais que souffler sur ces pages, si loin. Ne t’éveille pas. Cache-toi à ce songe, Qu’émue tu caressais quand j’ai lâché ta main, Pour y trouver une arme se blâmant à son jeu. Garde mon espoir au fond de tes chimères ! Ici tout s’égare noyé au flot du sang. Tu restes le filin qu’Ariane fit tout blanc. Je reviens sans tarder le long de ce chemin ! Continue à rêver, il en va du destin, Que le temps à venir soit un autre hémisphère.
*** Dors jeune femme, ne lis pas ces maux-là ! Orpheline de la guerre, je ne reviendrai pas. La plaie est trop profonde dans mon cœur brûlé, Où ne coulait que boue, ne battait que l’épée. Je me vide des morves de haines amères, Mais retiens en moi tes baveux rires d’enfants. J’ai enfin le repos que ne trouvait un père. Je rejoins ce pays dont tu es le garant. Aux portes du Sahel et de nos étrennes, Je signe la paix de mon sang noir ébène, Avec le silence d’une photo bien vieille Où les paupières closes, tu regardes le Paradis perdu de quelques tristes étoiles. Sous la voûte de nuit je rejoins ton sommeil !
** Où es-tu douce enfant par tant de feux follets ? Dans les brumes des gaz se troublent tes reflets. Oh ! Fermer les yeux te mirer, te serrer à Bras désarmés, enlacer en mille fils en soie ! Je ne sais que souffler sur ces pages, si loin. Ne t’éveille pas. Cache-toi à ce songe, Qu’émue tu caressais quand j’ai lâché ta main, Pour y trouver une arme se blâmant à son jeu. Garde mon espoir au fond de tes chimères ! Ici tout s’égare noyé au flot du sang. Tu restes le filin qu’Ariane fit tout blanc. Je reviens sans tarder le long de ce chemin ! Continue à rêver, il en va du destin, Que le temps à venir soit un autre hémisphère.
*** Dors jeune femme, ne lis pas ces maux-là ! Orpheline de la guerre, je ne reviendrai pas. La plaie est trop profonde dans mon cœur brûlé, Où ne coulait que boue, ne battait que l’épée. Je me vide des morves de haines amères, Mais retiens en moi tes baveux rires d’enfants. J’ai enfin le repos que ne trouvait un père. Je rejoins ce pays dont tu es le garant. Aux portes du Sahel et de nos étrennes, Je signe la paix de mon sang noir ébène, Avec le silence d’une photo bien vieille Où les paupières closes, tu regardes le Paradis perdu de quelques tristes étoiles. Sous la voûte de nuit je rejoins ton sommeil !
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