mercredi 25 février 2009

Sens v elle

Vous êtes Madame l’aube du bois dormant Où j’aime me prélasser le jour naissant M’attardant un peu sur l’étang de chimères Dont l’onde s’évanouie laissant sur le miroir L’éclat de vos reflets admirable mystère Qui mène mon éveil au pas de cette histoire Au bout de ces marais vous êtes la clairière Lumineuse cascade source des ardeurs D’une ombre libérée exhibée tout entière Qui enlace étourdie sous l’azur du ciel Vos verdoyantes flores dans la torpeur D’ineffables mangroves jonchées de pastels Vous êtes le murmure diapason de vent Qui sonne le la sur un orgue de feuilles Et compose la fugue des cœurs amants Battant tonitruant au fil d’un ru de vieil La mélodie d’eau vie lacée notes à notes A la muse des rameaux la verte glotte Des effluves de vie vous êtes le parfum Fragrance des lèvres à l’aube d’un baisé Distille de cents milles sueurs de pétales Défeuillées par l’effluves des bises sans fin Elancés voguant allant l’arôme vestale De l’ambre nacré de votre peau passionnée De toutes ces moiteurs vous êtes le frisson S’écoule vaporeux sur le manteau de chair Envoûtant d’une caresse chassant l’hiver Les pores somnolent d’un granite haillon Effleure affleure du bout des joncs tendrement D’une douce tiédeur l’écorce d’un infant. Vous êtes des saveurs le miel de la sève Délectable flaveur dans l’écuelle des pins Qui enivre le palais la langue humectée L’exquis petit cocktail mi-fruitier mi-tatin De ce corps saisonné de poivre de passions Dont la robe sapide sucre l’oraison Vous êtes ma dame Madame dieu me damne Et qu’il en soit ainsi sans savoir où se fanent Les cœurs épris un jour maussade à Paris Pour cent broutilles déconfîtes dans un lit Mais notre aurore est boréale pour l’heure Laissons rimer nos sens et osons ce bonheur (2003)

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