La poésie est notre reflet du monde, Au miroir déformant que nous somme. Elle encense le remoud, pareil à l’onde, Sur l’eau trop paisible de nos sommes. Sculptée au hasard des ressacs et des embruns, Sous le joug des morales, des railleries, Elle ébauche sa rime féline, sans bruit, Goutte à goutte ; un sablier sans fin. Je regarde le temps à travers ce verre Empli de l’eau des pluies anciennes, Et j’y vois comme une daltonienne, Les pastels sauvages de nos stances, Onduler dans les flots alanguis de l’art, Se gondoler sous la plume d’Icare. (2003)
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