La nuit dans le fanal de sa mélancolie A recouvert le jardin d’un drap poudreux, Etonnant linceul immaculé de reflets, Dont l’éclat invite l’élan de l’insouciance. L’enfant au matin dévale sur l’air de jeu. Les bras ouverts au vent, le sourire béant, Il plonge dans un rire et joue à son écho. Roulé boulé, puis cabriole ; C’est la joie ! Il fait naître un ami bedonnant et rieur Avec lequel il danse, chante des fables. Il bâtit des tours et des châteaux imprenables, Qu’il bombarde de boules, des pluies de blancheur. Puis, sur le duvet molletonné, s’élance Dans une frénétique lutte contre son ombre, Qu’il enfouit sous le duvet moelleux et sucré, A la place du trésor oublié des fées. L’enfant éreinté alors se retourne, las. Son regard décomposé constate d’effroi, Que ne reste plus, de cette terre promise, Qu’un immense bourbier de mélasse noirci. (2004)
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