Mon cœur dodeline parmi le clair obscur Des langueurs parisiennes ; Mes pas perdus Se laissent porter de la butte des poètes, Vers les bâtisses tourmentées de l’histoire, Pour n’être plus qu’une plume innocente Qui trace quelque peu sa courbe légère, Parmi les milles romances déjà taillées Sur l’asphalte gorgée de sang et de liqueur. C’est alors, que craquelant le goudron noir, Surgit de par les rues, les grands boulevards, D’immenses coulés de verdures, jetant Au loin les voitures bruyantes et sales. La plume des poètes lançait ses gerbes Le long des trottoirs, sur les quais de la seine Et paris devint la forêt luxuriante, Peuplée d’heureux marcheurs, de gaies lurons. Paris respirait enfin du chant des oiseaux, Du seul bruit des vents murmurant de feuilles Du rire des enfants résonnant enfin Sur les places. Sur les bancs, le sans abri Trouvait un lit de feuilles, un drap de fleur, Au bout de sa main, des pommes à croquer, Sous son pas un tapis d’herbe et de baie Et son mal de vivre chantait à pleine voix : Paris des amoureux, Paris poète, Pousse, pousse, vient enfin à paraître Je serai ton premier, ton marcheur luron, Habitant de plein cœur, sans cri, ni klaxon Le sourire aux lèvres, un air en tête Celui des oiseaux, de ce rouge gorge Qui chante sur les toits que pousse le bois, Que pousse la joie, que paraisse Paris. (2004)
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