samedi 28 février 2009

Où va tu ?

* Je m’en vais par les vêpres, Je m’en vais par les vents, Vers les vertes pâtures, Sur les pas du levant. Je m’en vais, vaguement, Entraîné par les vagues, Par l’entrain bien gaiement, Bien loin des terrains vagues, Gonflé au vent des vers, Délivré des gréements. Je m’en vais voyez-vous Où les vers sonnent bien Inversant les versets Déversant le levain Au versant de la vie Où roulent les cailloux Sur le pas du levant En de verts pâturages Je ris aux mues des vêpres Je rue parmi les vents
** Braver ce monde ombre d’une ronde immonde Qui tombe et gronde comme une fronde vagabonde L’éventrer l‘éviscérer par le verbe et la verve Et voir voler ce voyage ce rêve d’une vie envoûtée Peut-être ne plus naître d’un mal être de deux têtes Que le temps maltraite et endette de sornette de miette Passer les rues étendues détendues comme un début Tondu de ces résidus de vécus trop fourchus trop fichus Enfin sans fin avoir faim d’autres parfums d’affins Etre frère de séraphin du crève-la-faim avant d’être défunt
*** Je vais plus loin encore, La où seul les cœurs blessés, les cœurs légers, Sous la main d’un maraud, d’un amant, Peuvent s’emporter. Là où dorment les licornes, Quand s’émaillent les aurores boréales, Où la peur ne suffit plus A faire naître des horizons lointains. Là où l’homme de son arrogance ne peu me suivre, Car les vérités n’y existent pas, Car se confondent les faces et les revers, Car sa semelle est trop lourde. Je vais sur l’envers des masques, Au creux de la paume des ombres, Pour y peindre le reflet de leurs songes, Que le chant des hasards s’y love, Et craquelle les plaines de vallons, Les déserts de forêts, les flots de ressacs. Là où l’harmonie vit du désordre, Et des myriades de l’éphémère. Là où tout n’est que matin et soir, Quand la lumière caresse les iris, De couleurs étiolées et fondues de larmes, Quand se taisent et se recueillent les âmes errantes, Sur la tombe du soleil et de la lune. Je vais parmi vous, et loin pourtant. Car j’ai arraché ma pantomime macabre, Mon manège de pantin aux griffes des mots. Pour marcher sur les mains, Dès que les étoiles sont des cailloux égarés. Pour semer des rimes, Dès que trébuche le vent sur l’asphalte. Et chanter des épigrammes, Sous la voûte des mosquées acariâtres, Sur le perron des miradors, Que l’écho de mon errance indolente, Retrouve l’abyme sauvage des sages candeurs.

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