mercredi 25 février 2009

Mur de dévers

Homme hypocrite, qui marque tes dévers De barreaux de plomb, forgés en grains de vers Mère, éventrée sur de vieux sommiers rouillés Etendues, crucifiées par le joug des piétés ! Clone vierge, gavé de croyances impies, Brimé de raisons aux vérités de faïences, Les yeux teints du filtre des correctes démences, Les lèvres lissées du juste pourpre écrit ! Auteur des détresses, victime de faux biens, Vêtu de pantalons à pince aux poches trouées ! Ame badine, qui brûle le jour du prochain, De larmes de déchets, de fleuves de méfaits ! Bourreau, sous la peau d’obscènes droitures, Fiers de prendre de haut le gardien de nos os, Changer ces traits ; chaque mont bout de Lego, Chaque forêt, le coffre fort de billets verts ! Esclave mondain, enchaîné de palabres A l’illusion des traverses sans barrière, Par l’horizon encadré des petits écrans, Reflet voilé de notre exil de néant ! Signez à l’encre sympathique ce sermon, Sur une poussière d’épitaphe gravée Au chevet de nos ancêtres laissés crever A la guerre : « inconnu que l’espoir morfond ! Que reste des regards éperdus, emmêlés D’entre silence, de bonhomie sauvage ? S’écrase-t-il sur le mur de nos dévers Ereinté d’avoir rêvé des dessins d’un père ? » (2003)

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