samedi 28 février 2009

l’éveil

Les ombres s’effacent, peu à peu, Sur les cimes verdoyantes. A pas de velours, elles laissent La grâce des reflets faire de bleu Les voiles des flots ondulants. D’abord, les nocturnes ombres Se cachent derrières les arbres, Les murets, les pans des églises. Puis, démasquées par les couleurs, S’enfuient en hâte dans les caves. Les oiseaux et les lyres, alors, Encouragent, de milles mélodies, La venue de la gracieuse aube, Qui s’étire et baille, bien doucement, Se faisant ardemment attendre et désirer. Infimement, le jour ouvre son œil ; La paupière de l’horizon se tend ; Les cils dessinent des arcs colorés, Tout autour de l’iris encore brumeux, Et grandissent les clartés du ciel. Un feu d’artifice, de mille pastels, Inonde, par vague, le plafond des cieux, De violet nuancé, puis de sanglant éclat, D’orange et de jaune émaillé, enfin de bleu, Pareil à l’océan, qui y mire sa beauté. L’astre suprême, alors, conquière Les terres et les vallons étoilés, Pour imposer son seul éclat, Sur le monde désemparé, Et féconder, ma mie, ton éveil. (2004)

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