jeudi 19 février 2009

L’âge amer

J’ai trouvé derrière la porte, Mon père au coin du sort. La marée noyant les yeux, si pur. Le silence aux lèvres, si dur. Que dire de cette déchirure ? J’en tremble au mot d’effroi. Ces premières notes humides, Jamais jouées devant moi, Comme un mythe qui se ride ! Un idéal qui s ‘abjure ! Elle est partie le mal fait, Sans voir sa vie qui se défait. Elle a fuit ces mots jetés, Que la vieillesse lui a dicté. Elle qui l’a mis au monde, Lui voue ce jeu immonde. J’ai le cœur en feu, De voir mon père à terre, De voir l’âge être amer, A n’en souhaiter si peu : Que s’éteignent ses jours ! Que la paix règne à ce jour ! (2000)

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