De se corps ondulant, oblongue fantaisie, Sur le long coup tendu, je prolonge la vie, De six drus filins, chanteurs de chevalets, Dont la justesse est celle des chevaliers. Puis je caresse timide leurs peaux cuivrées. Déjà l’air inspiré frémi et s’enchante, Porte la bohème jusqu’au cœur confiné, Pour y faire battre des accords enlacés. Déjà les larmes éperdues font silences, Et s’écoulent sereinement le long des joues. Déjà la vie n’est plus la même sous ce vent. Elle se laisse bercer de belles plénitudes. Elle ferme sans ride alors ses paupières, Car la mort n’est plus une vieille ennemie. Elle retrouve les haleurs de l’insouciance, Et s’abandonne à son sort embrassant un mi. Ma main fugue, sur ses cordes frémissantes, Equilibriste qui d’une corde à l’autre, Fait des entrechats, jongle de milles notes. Et les mots même des poèmes s’y taisent. Mon ventre se fond à l’écorce tremblante, S’unit au poumon de bois, vibrante amante, Qui devient ma voix tamisée et grisante, De pastels d’aveugle, de paroles muettes. Je ne suis alors qu’une âme d’éclisse, Glissant du sillet au lit d’une rosace, M’épanouissant dans la gorge bucolique, De doux harmoniques que filent les frettes. Je ne suis alors plus q’une essence de son, Une balade perdue qui erre sans nom, Dans les vallées de l’harmonie et de l’abscons, Dans les volutes mélodiques d’une oraison. J’existe au delà de l’intelligible, Au delà des verbiages et de leur sens, Emporté loin de ce monde d’obédiences. Là où seule la musique trouble l’âme. (2004)
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