samedi 28 février 2009

Contemplations

De ces petits jardins cachés derrière la haie, De ce potager simple où grandi la saveur, Des sucres fruitiers et des douces légumes. De ces jardinets là en arc en ciel de fleurs, De ces parcs affinés par le fleuret de l’art, Dont le peintre ne peut que l’esquisses grossières. De ces espaces verts où se promène l’âme, Me restent, à jamais, des reflets de couleurs. De ces champs infinis ou s’ébattent les blés, De ces friches dorées, mères du pain sacré, Pères de nos repas, et fils de nos labeurs. De ces vignes assommantes qui drapent les coteaux, De ces jachères droites qui portent à l’horizon, Regards et chimères à en perdre leur hôte De ces cultures belles qui nourrissent ma vie Me reste, à jamais, le goût des grands terroirs De ces grandes forêts où naissent les histoires, De ces bois majestueux où s’enchante la bise, En mondes féeriques, en muses de héros. De ces vierges bosquets où l’air pur s’abreuve, De ces étendues d’arbres qu’habitent tant d’oiseaux, De lutins, de lapins, de sorcières et de biches. De ces terres couvertes où s’abritent mes songes, Me reste, à jamais, le chant des feuilles au vent. De ces étendues bleues aux reflets lunatiques, Des ces grandes contrées aux abysses imprenables, Qui emportent le cœur des marins intrépides. De ces lagons discrets aux volutes sauvages, De ces bouts d’océan perchés dans les replis, Les rides de la terre aux confins des déserts. De ces ruisseaux tranquilles qui arrosent mon cœur, Me reste, à jamais, la fraîcheur angevine. De ces monts insolents qui effritent le ciel, De ces monts imminents que le temps laisse là, Figés comme des titans, gardiens d’eldorados. De ces monts éternels au cocardes neigeuses, De ces monts assagis de rondeurs sauvages, Où bien armés de dents pour dévorer la lune. De ces montagnes belles que mon cœur chéri, Me restent, à jamais, des ardeurs ineffables. De tout cela encore, sur les chemins de terres, De toutes ces merveilles qui bordent mes empreintes, Dont je n’ai à ce jour effleurées la rencontre. De tout ce qui existe dans les recoins du monde, De toutes les masures, de toutes les olympes, Qui attisent mes sens et forgent le bonheur, De toutes ces beautés je garde la douceur Lovée près de mon coeur (2004)

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