mercredi 28 novembre 2018

mots

j'ai aimé les mots je les ai aimé à la folie. savourant leurs textures à chaque prononciation enroulant ma langue sur la peau de leurs consonnes expirant de plaisir sur le souffle de leurs voyelles Les sentir grimper du tréfond de mes entrailles le coeur palpitant sous la vibration de leur sens surgir vaillant à la conquète des esprits et maintenir l'impact de leur porter Je les ai aimé oui comme un être J'ai aimé les rêver de chair visuelle gustative et sonore les dessiner de ma bouche aux yeux du monde parfois ébahi transporter hors de la matière J'ai aimé les accordées comme des mets délicieux le long de phrases dont la saveur transcendaient leurs simples idées academiques brandissant de la verve les reminiscences du cri naissant de la vie.

feu

Vous me prenez dans vos bras aeuil, d'improbables souvenirs, indicernables à l'oeil clair, ce châle usé, étouffant qui n'avait plus de pesanteur ; Pourtant inattendu votre maille m'enveloppe malgré les encognures inenboitables l'impossible rencontre véritable, assumé, ce côte à côte intercedé d'une juste vitre ; Pourtant Ces traces vibres douces, chéries, abandonnés dans cet embrassement atteint du deuil. Je te sens, là, affleuré de paix de toi de nous. Nous n'avons plus à nous déjouer. La barrière de corps meutris, les cris dissonants des psychés enfin mis à terre, en l'innommable vol, l'arcane embué s'est ouverte gonflé des liens inaltérables ancétraux. Et contre toute attente Voici ta place mérité parmi les porteurs de sagesses - (à toi feu grande mamie

Mains

Mes mains sont un territoire immence, où s'accoquinent, des rugosités d'affleurement, elles embobinent des kilomètres de doigtés, ce fruit à pulpe piquante, qui s'epand, sur tout ce qui s'agrippe, et se penetre, ou sautille frentetiquement
du noir, au blanche, qui s'enchante, Labouré de souvenirs percutants, ses sentiers, n'ont pas de GR, ils se ravinent dans l'effort, et mènent tous au creu du monde, le coeur, de l'etreinte

il faut, dans l'état hémoragique, avec brutalité, raboter les brisures, dans des actes, défaits, d'un soi-même, qui hurle à la mort, s'assourdir, et saisir la hache...

nocturne 2

C'est dans les paumes, de la nuit, Que j'ai déposé ce corps, affranchi, de la pesenteur de vivre, Je livre, cette dureté à la dureté, mère, porteuse des rêves, Il faudra, Tout lui abondonner, Toute attache, défait, du chant cristallin des syrènes
pour renaitre, dans son sommeil clairvoyant - avril 2016
Il te faudra, passer la porte des enfers, et saisir à pleine main, la braise des cauchemards, l'étalé sur ta langue, et la macher sans relâche, jusqu'à sentir le goût du sang, abattre tes humeurs - avril 2016

j'aime

j'aime, l'odeur de l'herbe éblouissante après la pluie, le prisme de la lumière naissante quand s'apaise les nuées, le pepiement des arbres à l'eveil du printemps, la lueur d'un oeil complice, le plissement déployé de joie sur la peau des tempes, la caresse inattendu de la bise sur ma joue, ma gorge saisi, une nuque feminine dégagée, la rugosité d'une écorce sous l'effleurement de mes doigts, le pourpre brut d'une fleur, un vieux carroussel à deux étages lancé dans sa ronde folle, les paravents de bois, l'apaisement atmosphérique des levants et des couchants, les ombres qui s'étirent dans un contre jour, les longues perspectives des chemins infinis, l'odeur forte du café pur au petit matin solitaire avant la rencontre du monde, des yeux qui semble des agathes, le souvenir d'un reveil inattendu dans le canapé du salon après un noël d'enfance, le souvenir de minutes d'amour transcendé, la première fois, la mélodie d'un pipeau dans l'air du soir d'un campement, mon corps gorgé de chaleur en italie, la lueur lunaire sur les courbes d'un corps humain, une coccinelle rouge, la croissance imperseptible des plantes, le son d'un cloche au lointain apparu, le clapotis répété de l'eau immobile, les voix pleines des enfants curieux, l'oubli de soi dans les rumeurs mystérieuses de la vie, le reflet déformé, mon corps embrassé sans retenu contre le votre, la fatigue sereine, le mouvement des caléidoscopes, la dégustation gourmande des mots : croqué, goutu, savoureux, souffler dans un harmonica jusqu'au vertige, t'imaginer nu, puis te voir, crayonner, faire de petits bonds, sentir une main douce dans mes cheveux, un poème relu, être une seconde perdu sur un chemin trop connu, te reconnaitre de loin, les chapeaux de vieux polars, retrouver la profondeur du ciel au sortir d'un cinéma, la respiration des vivants, m'endormir sans m'en rendre compte - avril 2016

absence

c'est le bruit des os broyé dans la chute, la brume putréfiée des égouts fesandés, le faiblissement des frissons dans le froid extatique, les gargarismes étouffés des derniers aveux, les ballotements d'un pot cassé sur la barques éventrés échoués dans des roseaux brisés, le braiement frénétique au matin noir du rut inacompli après le chant du cor, le chavirement du paysage quand la tête bascule vers le panier, en l'absence de ce qui ne peut manquer. - avril 2016

sculté

j'ai été sculté dans les forge de la nostalgie, tout en mes vaisseaux irrigue le soupir. celui de toi qui n'est pas là. porteur de misère tel est ton lot toi dont chauffe le coeur gros lorsque les si mineur fredonne lascivement.  tu ne comprend rien au la majeur qui éclate comme des bombes là où tes bemol diffuse doucement. pour toi le bonheur c'est oublier la douleur un temps, ne plus perler par les fissures quand d'autre le voit déborder. - avril 2016

se debattre

je crache des yeux la chair cru des crabes jeté vivant dans l'eau bouillante au bit du borborigme de cochons égorgés. ce débattre, ce débattre en des barbelés rouillés, ce débattre milles vies la couronne d'épine à même l'os à nu. soubressaut des halètements non abattu, le défiler d'images chéris inoxidables, aucune torture n'aura délié, le bras de fer  contre les innombrales tonnes de l'univers, je tiens, les griffes soudées dans le roc, je tiens, tout ce qui me reste d'elle, la mort entre les dents. - avril 2016

mutilation

Les rêves ont été mutilé avec le grand hachoir à viande des lubies, L'univers crée des virages assassins, et arrache, dépèce, après ce présent, ces caresses, le fouet, La réalité crame les yeux jusqu'au fond du crane, sous ces voilures désorbitées, il est des poésies que l'on scelle à sa gorge, comme un défi, Egorgé, c'est le gout de la terre qui revient, celle jetée par pelleter, le gout de l'oubli infini, de la prière. - avril 2016
Le temps peu à peu, éprouve la peau, les empreintes des étreintes, de nos promesses époumonées. Son fil glisse avec méthode, sur la chair ocre, poli son miroir, dans la flamme des secondes, qui font aveuglement leurs pas. - avril 2016

cul sec

ce chateau qui dompte la montagne sacré, bati sur les accotements des alizés, aux murs de roseaux, aux étendards en berne enrubanées d'étoiles en pétales frisés, grimpe dans un roulis de scolopandre en rut ; il rugit contre les polipes qui lui tousse au basques. Au milieu des chutes de mégalites grumeleux qui s'écrase comme des moustiques contre un pare brise, sur ces flancs fissurés, c'est sont souffle que l'on distingue le plus, transperçant les épaisseurs des condensations humides dans ces hauteurs sans vue, on en a des vers aux oreilles, ça ronge les petits os, ça craque la coquille en dérive.  Et tout cela pour un pauvre rêve gravé à vif ; tout cela sans carte, au déboté, cul sec. - avril 2016
Il faudra accordé la douleur, arracher des rires, a cette carcasse enkilosée, le prix de la joie, épouser la souffrance, l'étouffer d'un baiser sans fin - Mars 2016

devant le néant

Et, au final, il ne restera, que les belles choses, étalées sur, l'agglomérat de sédiments, l'impur, du pur défait, defequé, matière à composte, tout cela, au jour où, nos yeux replongés, l'un dans l'autre, s'équarquilleront, comme des soleils
en fusion, devant le néant, merveilleux - Mars 2016

carton

Il y a le vide, le vide de ta présence, et il y a tout cela, empilé, là, de toi, matière informe enrobée de cartons et tout cela pèse des tonnes là où c'est écrit fragile. Il y a la vie qui passe, les souvenirs comme des marionettes colorées qui joue leur comédie et il y a les rêves qui tournent tournent tournent autour pris dans un caléïdoscope merveilleux puis il y a là le vide de tout cela qui déferle en vague anodine. il y a les grincements des travers et les mélodies des corps en abandon qui font des noeuds puis il y a là le vide qui s'y pose comme une plume. il y a moi, seul, qui bat encore une mesure incertaine dans cette foire sans manège où seul tourne un train fantome. il y a de quoi mourir de rire, pourtant ce sont les madeleines qui s'expriment. il n'y a rien que des bétises, des bétises à s'en mettre plein la bouche puis des caries pleins les dents. il y a ce putain de facteur humain psychomachinchosetruc à en perdre son latin. Il y a cet amour vivant sur la mèche d'une bougie et le vent qui souffle au passage des trains. bientôt l'hivers aura achevé son oeuvre... - février 2016

Carreau

la buée ne franchi pas le rêve, colle dessus, voiles troubles, puis se rétracte, sur son inspiration, il est là le coup d'arrêt, tendu et polissé, éclate à l'oeil, souffle court - février 2016

tout est là

voilà, tout est là, jeté sur le sol, étalé comme dans une grande casse. ne manque plus que la putride décomposition du temps. infinitessimal, elle vient, gouter le grincement silencieux. - février 2016

hiver

les chants de l'hiver, ont crevé l'abcès, des peurs souterraines, des lambeaux de vie, jonche, les cryptes de l'impensable, un bout de flamme crépite, déchire l'air, la goutte suspendu, au dessus de sa prière, le temps ricane, se prelasse. - Decembre 2015

j'ai

j'ai, des larmes de larmes, des larmes et des larmes, sur le boutleboutleboutlebout, des yeux, J'ai, des cris décrit d'écrit en écrit, qui souffre s'étouffe, dans les reins, j'ai passé où passé passablement, et trébuché buté re-buté, mal boté, je me suis cogné, le cul lecullecul posé, sur le pavé, plus qu'à s'épprouver, ou s'embourber - 2015
Sauras tu prendre le temps de saisir la lumière du jour, entre tes doigts, tisser assidument des filaments de chaleur
sur la paume de ta main, et croitre, et multiplier les empreintes, sur tes lignes de vie ?

coule

Perché sur l'informe fondu de minéral caverneux, contre un vieux hiboux de tissus, je coule, vers l'hébétude. Mon pied appelle la terre, cherche dans un vieux jazz, le rythme qui élève la poussière, dans son rebond, cherche à fendre 6 étages pour épouser la matrice. je coule, vers la stratosphère des déracinés, je ne sais pas autrement faire, j'accompli la dicté. Mon pied s'évide de sa teneur, bat la prison inébranlanble. Je coule.

plongeon

Je plonge dans un abysse magnétique petit bout d'homme aimant happé attrapé par la vibration des atomes Sans saisir, je suis saisi Je tombe malgré mes pelotonnements intellectuels le repli sur l'idée d'une certitude stable dans la chute Il est un temps où les griffes des vérités sont une ironie qui amuse les parois Il est un temps où il ne reste qu'à voler sans aile sans ce qui nous est absent cela semble la seule issu des "si" Il est un temps où le temps est passé l'appris n'est plus s'apprendre seulement reste naitre plus creer ça, ce qui est là Et plonger avec ce qui plonge
J'ai planter mes dents dans un vieux rêve oublié un vieux rêves que les charognards avait laisser pourrir J'en ai laissé le sang moisi couler dans mes artères jusqu'à en voir se dessiner des idéaux sur des murs toujours gris

pas là

Le soleil a, de son poid abandonné, irradié ma peau de flots de larmes moites. Tu n'es pas là. La rose à la fenête guette les frémissements de l'air qui aurait pu porter de ton passage sur ces rives éloignées un soupson de ton souffle. Je regarde la vaisselle entassé dans l'évier sale de ce qui reste, une assiette a manqué. J'oublie ce qu'il faut faire, des sillons égarés ce creuse autour de moi, l'espace à trop grandi... Je voudrais dire des mots, des mots qui porte loin, chatouillé ton oreille d'intime et de baisé, je voudrais dire ces mots mais les souliers du vent n'ont pas assez de pas. Je tire le rideau, silencieuse la rose fane, l'univers ébloui d'activité, de matière empilé, s'attriste de n'être pas le néant qui fait être, le néant absolu du vallon de ta taille nu.

appartenir

appartenir se tenir appuyé tout contre sinon a pas tenir tomber dans la liberté sauvage qui fait du monde un ennemi potentiel pourtant appartenir se tenir déchainé accordé désencordé

le pas 2

Sur le bord des traverses qui sillonnent l'étendu impalpable des devenirs, un moi au visage absent traine par le collet un autre moi tortillant comme une truite. L'herbe à des allures de pierre et la pierre des alllures de mousse. Le ciel n'est que profondeur aveuglante. Le pas coûte de l'épiderme et de la volonté...

lilas

D'où vient cette fauve inquiétude ce rugissement détimbré qui rogne la bonté du jour pour de chimérique a venir le croque mitaine chante et j'écoute sa voix, il chantait déjà dans la nuit des temps éternels, je tends l'oreille ces jours seulement, ces jours où le lilas sent bon.

esperance furtive

Tout timtinabulle et tremble doucement quand elle passe, l'esperance furtive, Mélomane sans musique qui fredonne un air absent La bouche sèche accroche les notes à ses gerçures - elles ont un goût de peau morte lorsqu'elles ne boivent pas de sang - Flou est le silence de cette faribole Pantomime des sons se dilate s'écrase tout contre Les zigomatiques tendu ont des manières grimacantes Mais les persistances ont ouvert leurs cabas de neurones hyperactifs Face au vide les architectes ont des pinceaux aiguisés Le visage croque la mélodie boudeuse campée sur l'extremité d'une bulle d'oxygène elle se faufile sous l'épiderme agite un muscle puis s'échappe dilate un iris et se carapate contourne les cordes vocales Celles ci lancent leurs lassos à l'aveuglette ne capturant que des bémols qui tombent au fond des talons battant
une incertaine cadence à chaque enjambé.

je

Bon enfant, ce coeur qui danse et chante sur les terre grasses du charnier. "L'important est la joie" dira t on. Et l'autre, assis sur la fissure du miroir, de dire "Il faut lui ébouillanter les yeux et les oreilles pour lui bien montrer son terrain de je."

le pas

As tu vu le fond des choses : Cette lumière qui creuse l'orbite jusqu'à l'effroi de la cécité ? Il faut s'armer de patience bien souvent; regarder passer les étoiles sans se démembrer. Progresser !? Peut-être : Il est des témérités sans condition Tomber sur le bon repère : Celui du danger ou celui du confort; l'arme ou les pleurs ou les rires, rien n'est moins certain. La peur est impuissante ! Seul le pas compte !

musicorps

Les notes battent les solides surfaces muent en trampolines; sonores acrobaties bondissent :
galets résonnent, en la cellule à six bandes ricochent ; pas à pas ondoient et du béton transpirent les gouttes de rosés du jardin musicales; Le bain de remoue boxe la musculature apesanteur massage pénétrant doigts glissent sous la peau s'agitent en petit cercle variable et s'étendent fibre à fibre à chaque cellule devenu note.

nocturne

Le jour à fait glisser son cabas dans le puits de l'horizon, et de son sac troué reste de petits monticules de lumières éparses au tableau noir; par la fenêtre les castors mécaniques imitent les arbres sages au milieu d'un lac ôter de sa hauteur.  deux cobras se trémoussent au dessus d'un bain de cire dans le coin de la cabane perchée. les notes chopines volent comme des papillons de pétales. Et dans l'intervalle intemporel d'un courant d'air, entre les voiles frissonnant, tu es là qui résonne !

16 fois

J'ai hurler dans la pierre sous la terre son nom qui s'est tu et je crache son sang sous ses coups de poignard et le temps prisonniers dans la cage de sa mort tourne contre tourne en rond tourne tourne et s'enfonce en ma chair béante et ne se délie pas J'ai son front sur mon front j'ai sa main sous mon pied j'ai son pardon là craquelé à ma lèvre qui ne cicatrise pas et son crie que je ne n'entendis pas déchire mes timpans Mon amour 16 fois mon amour le rouge de tes lèvres 16 fois le baiser meurtrier 16 fois le coeur qui se tais le souffle qui hésite le spasme tient le futur Mon amour 16 fois avant de t'embrasser je n'ai pas su je n'ai pas pu le sort 16 fois mon amour coule contre les murs où suis je ? Vivre ou ne pas mourir ? où suis je ?

instant

J'occulte de ces saveurs souvent : regarder danser les arbres, hummer le vent, écouter l'eccho de chaque instant.
On me dit souvent : "La vie est courte ! Il n'y a pas de temps à perdre ! Profitons !" De quoi parle t on ? De temps qui cours ?! encore ?!

vivant

J'aime, la présence indicernable du vivant; sa tenu persistante dans la cécité; ce qu'il trace, ébauche, dessine, croque, survie, ...  de son voyage éteint; ce cheminement en l'obscur qui s'étend à nous saisir des empreintes sur son carreau;
la fuite des inutiles; sa volonté qui se relève.

identité

Que reste t il de nos identités quand croyant être libre nous bêlons dans une masse; Que nos pauvres révoltes ressemblent à des transumances, nos cris d'indignations à de vagues "on dit"; Que nos audaces se nomment mode, et nos actes marginaux, des faits divers ?

dire

Parfois, j'ai envie de dire, parfois, de ces fulgurants éclairs hormonaux qui poussent le magma des mots à s'ébranler et craquer la surface silencieuse pour jaillir en explosion de voix... mais mes lèvres trop souvent n'embrassent pas celle-ci et se suturent, interdits par le dogme tyranique des morales assassines.
Elle prend alors le vaisseaux des mains, rebelles inébranlables, et dessine, parfois, les lettres en flot, les belles lettres impuissantes pourtant si remuantes sur leurs supports sans âmes : Les mains, ces mains comme des organes vocales qui racontent de leurs caresses, de leurs façon de se tordre en elle même, de saisir ou de frapper, encore de se figer puis de vibrer en tremblements spasmodiques; ces mains au arc bouture noueuse, et vagues de doigts dansant sur le vide, tendus inexorablement vers le destin !

eveil

J'aime ta compagnie nocturne; ton souffle endormie, à pas feutré traversant les heures éteintes; J'aime, au jour qui point, attendre (comme s'attend l'aube d'après guerre,) Ton regard, brusquement, fecondé d'un battement de ta paupière

Biphonie

Le rideau est tombé ! Sombre, il a happé L'espace dans sa chute, du temps tout ces grands but, et peu à peu suce ma fine substance, écartèle mes yeux, scinde ma gravité. Je gratte sa croute en de grandes brassés d'élans et de doutes, Trébuche sur ses nués. Sans cesse je trébuche en son inconsistance. Une voix survient ! Une voix, la mienne; Un son biphonique qui rie et pleure et dit  "je n'aime vivre je ne peu m'en défaire..." elle coule dans le noir
impalpable et dur "je n'aime pas vivre je ne peux m'en défaire..." elle innonde, elle empli le tout où rien n'était que ma conscience folle. elle innonde, elle empli, prophétie implacable: unique compagne...

samedi 13 juin 2009

une inconnue

Une étoile dans le ciel m'a comme clignée de l'oeil cet autre nuit. D'entre deux nuages, en ma vue subretissement, elle s'est glissée; prismatique, éclatante, fugace mirage ! Puis s'en est retourner se cacher dans les nues; me laissant sous l'iris l'empreinte d'une inconnue... (2008)

si peu

Se perdra t on un jour parmi non dit, aveux et vaporeux maux dits, de nos égos trop lourd pour voler l'infini ? A peine un petit pas, la distance d'un bras, les bruines ou les nuits déjà voilent des yeux. De main se détachent, se rétractent en poings ? Il suffit de si peu ! (2008)

*

J'ai tordu des torchons de chimères jusqu'à la dernière goutte, cassé cent mines, cent plumes, cent billes, sans doute... qu'ai je fais de bien bon qui allaite le monde ? Une piece tendue peut être, parfois; mais encore ? (2008)

où as tu fuis

Où as tu fuis ? Dans quel secret soupir ? Dis moi, Oh que j'en inspire l'haleine à plein poumon !Le vent vole si vite ton parfum de souffle. A peine le temps d'en suivre la traçe, il s'éparpille dans les tourbillonantes bourasques d'une jupe affolée... Le coin des rues est voraces. Il te mange d'une bouchée. Tu disparais ! Aucune empreinte: pas un nom, ni numéro, ni adresse ne me reste. Ma boussole s'azimute sur des aimants de passages. Es tu bien au nord seulement ? Es tu vivantes ? Es tu vivante ? L'es tu ? (2008)

*

oh ma douce amie, ce doux sourire de toi écorche ma tendresse. Ce peut il qu'un regard cajoleur laisse en cendre des forets de passion ? Prairie de cendre froide: voilà ce qu'il reste de moi auprès de ton souvenir. (2008)

Le fil du destin

Je sais ma fragile teneur, timide... courageux funanbule ! Je me tends entre deux mondes aux larges épaules; hélas, pour ma part, moins qu'une main, je porte ta branlante assise, ton appui tatonnant, de ma maigre incidence. Je cherche sous ton pied, la juste mesure d'un soutien équitable; mais si tu t'offres trop à l'un de ses voisins abymes, je n'aurais pas de bras pour te sauver, hurlant d'une corde, agité d'impuissance. Si je suis certe ton seul vivant destin, mon soutien n'est que le tien, voilà notre irrémédiable lot ! (2008)

La muse idéale

Je me suis égarée dans les nymbes de tes rêves; a bien trop me rêver tu me fis errante, simple nomade, Je ne savais où vivre: L'instinct d'andromaque, La folie d'ophélia L'ardeur de Roxanne, l'insolence d'électre Où m'a tu vues encore où je n'ai pas pu vivre ? Je suis juste blotti dans le coeur de chaque femme mais m'y vois tu vraiment à peindre ma chimère ? M'aperçois tu vraiment derrière leurs silouettes, Leurs cheveux impeccables, Leurs regards étudiés Le ballant de leurs hanches, Leurs corps parés d'étoffes; Me vois tu sous ses voiles dont tu nourris ta rime ? Je t'attends là ! au coeur de cette passante Elle même ignorant mon phoetus en son sein. Elle precipite son pas certe, Elle s'enfuie de l'avant, Ne t'aperçoit même pas, pressée probablement, Et tu deviens fatale et tu ne vois que ça Je t'attends là pourtant ! Ici où bat ton rêve Mais tu restes à rêver, les yeux dans ses foulards, Sur sa nuque cherchant je ne sais quel regard. Oh Je ne viendrais pas, comprendras tu un jour: Prisonnière en tes rêves, chassée toujours plus loin. A toi de me faire naitre du coeur d'une passante. (2008)

debut d'émoi

Tout a commencé par un minaud sourire Deux prumelles arrondies serti de taches de rousseurs; un bas de robe bleu chuchotant sur le sol; de son suave envol carressant ce coeur enfantin qui ne sait pas frémir pourtant deja palpitte dans l'écrin d'émoi né. Tout a commencé là, au milieu d'une enfance le ballon est tombé s'enroulant en silence au mileu des gravier sans plus de but alors car mes mains en perdaient leurs anciennes saveurs s'étendaient, sans savoir tremblaient, après qu'ai, dans l'espace, dodelinées deux couettes. Tout a commencé dans le sillon d'une nuque qui deja s'eloignait deja semblait me fuir juste me laissant les paumes nues et creuses où se peignait dejà d'impalpables chimères dont je ne savais rien encore que l'absence éffleurant la sensible peau de mes paumes. (2008)

*

Oh qu'elle pose simplement sa tête au creu de mon épaule, qu'elle le fasse sans y penser, son bras tel un lierre à ma hanche; de tout son corps abandonnant le poid à mes soins, sa jambe enchassé à la mienne, son sein comprimé poussant contre mon torse vaincu.

Chu

Alors que l'horizon d'un voile de brouillard se camouflait, agacé certainement de mes regards incistant pour en demasquer la teneur et l'ambition, ne voyant pas le devers à perdent mes yeux si loin, j'ai chu jusque contre ton sein glissant entre deux mystères: le bonheur et l'idéal! Parfois porter par des lames de fonds vers l'un, l'esprit plein de théorème, parfois soufflé comme une feuille en l'autre, les artères frissonantes, je me fissurais contre des blocs d'impossibles, rebondissant de l'un à l'autre à m'en démembrer songes, espoirs... Et tu était là. Juste au plus milieu des mystères... (2008)

Bris de Vers 4

Ses activités me ressemblent t’elles ; celles-là où l’on est un homme allié à l’homme pour n’être que l’adversaire d’autre ?
*Oh ma créativité, mon inspiration, mon souffle d’exister, ne devrais je jamais que vous soumettre au souci de plaire ?
**Le voudras tu, lorsque nos mots se seront épuisés, ces mots raisonneurs qui toujours s'attardent, t'allonger à mon côté, dévoiler ce qu'ici l'on dissimule sans ne trop plus savoir pourquoi
***N'as tu jamais offert tes larmes, homme fier et arrogant, n'as tu jamais laissé couler sur tes joues assassines l'élément le plus simple, le plus pur
****la vie est un grand vin dont on ne boit bien souvent que la lie
*****un jour je n'écrirais plus, car ta peau sera ma page où j'y traçerais alors des caresses.
******Pourquoi ne pas m'avoir laisser être rayon de soleil à mettre des parasol entre mon rayonnement et les terres que je pouvais enfanter
*******Il n'y a qu'un songe à faire: embrasser ce qu'on a; non plus de fantasmer ce qu'on pourrait aimer
********Il y a de ces jours qui commencent dans des pots de chambre et finissent dans des coupes à champagne!
*********y a t il un cocon infime, même imaginaire, où pelotonner nos êtres, où s'étouffe dans l'oeuf le hurlement de nos nerfs ébroués ?
(2007)

Le phoenix

Il m'a bien fallu mourir puisque je n'étais que né de chaire froide. Mourir dans ce cocon de tumulte creusé par le tango macabre de chimères et de terreurs qui s'étaient invité de force en mon sein. Il a fallu perdre connaisance, perdre l'esprit, perdre toute certitude et m'évanouir dans l'être de songe et de sens blotti encore au creu d'un ventre perdu. Laisser hurler l'enfant de songe et de sens et mourir en lui en ces pleures; retirer sa camisole et qu'il se jette contre des murs de réalité et qu'il se cogne et qu'il s'effondre et qu'il hurle à nouveau puis se releve sur mes jambes tordus et qu'il enlace avec mes bras trop court et qu'il embrasse avec mes lèvres gercées, et qu'il aime avec mon âme damné, qu'il vive avec ce moi puique je n'ai rien été qu'une chaire froide. (2007)

Desarroi

Elle s'est posée en mon sein sans heurt. Rien que des mots achevés et sombres lui ont simplement ouvert mes entrailles. - Le plomb de ces mots fut sans pesanteur car ils ne traînent plus que leurs définitions dont c'est égaré le sens quelque part entre ce qu'ils disent et se dont il parle dans un antant où déjà il s'était formuler. - Elle s'est posée tout de même sans prevenir au creu profond de moi même bien que le temps aggriper à ces souvenirs dit: "rien que du déjà vu! Rien que du déjà vu!". Elle s'est lovée comme un foetus, indicernable d'abord, recroquevillé, immobile, juste contre mon coeur.
Le temps à abandonné sa berçeuse dont les mots se noyait peu à peu dans le sang de mes veines et dans ce silence temporelle, Elle s'est éveillé grincheuse se frottant les yeux. Elle a regarder mourir les mots du temps et gambader les mots achevés, sombres qui l'avait porté là. Elle a vu, bien que loin des mots, transpirer du sensible sur mon épirderme cardiaque. Et quand les mots circulant dans le sang ont atteint le coeur et leurs sens: Alors sans retenu, enfant solitaire et perdu, elle a hurler en moi comme un tonnerre. (2007)

L'ardent désir

Les feux follets se sont emballés, spectres oubliés et impudiques, sphenix colériques et assoiffés, d'un galop fou ils martellent en moi, enclo ridicule pour leurs flamboyements, en quète d'un coeur à emflammer de desirs; rassasiés du pauvre mien devenu cendre sous leurs jougs, ils cherchent une autre nourriture et mes yeux vous dévorent déjà jeunes belles, errantes hasardeuses, sous l'efflue de leurs faims dantesques. Ce déhanchement sans fin de l'une à l'autre avive leurs élans et me traine derrière vos pas comme un pantin de chiffon brûlé vif. il me faut vous approcher encore et encore assez près pour que leurs chaleurs prennent à vos peaux, se repaissent de votre âme jouissante. (2007)

ca ne suffit pas

Est il un chemin dont les pierres n'écorchent pas les pieds Est il des regards qui ne finissent pas par se baisser Est il d'autre fin que la solitude Est il une main qui ne griffe pas un jour Un sourire qui ne se crispe pas et de la passion sans blessure Le soleil se couche et se lève encore m'a ton dit c'est tout ce qui compte vraiment Pourtant leurs larmes me noient leurs cris de terreurs leurs silences Pourtant quand je les oublies le soleil ça ne suffit pas Est il une voix qui pu plus que chanter et prier l'amour Est il plus qu'une chimère dans l'alcove des cauchemars est il d'autre fin que la detresse est il des idées qui n'émargent pas toujours des rêves aux bras assez larges et des coeurs qui ne s'arrêtent pas le soleil se couche et se lève encore m'a t'on dit c'est tout ce qui compte vraiment Pourtant leurs souvenirs restent leurs violences subies leurs cicatrices Pourtant quand je les oublies le soleil ça ne suffit pas (2007)

Don Juan

J'embrasse le corps de toutes femmes qui me sourient un peu trop. On me dis coureur, je ne suis rien qu'un aimant généreux; On me dis cruels, je ne suis qu'un ephémère en voyage de sens et je n'ai pas peur, du probable à venir. Au jour, le jour, je goûte les saveurs qui sous ma main un instant ronronne sans ployer sous mon passé, sans prédire où je vais, sans serment scellé. (2007)

creation

Dieu créa la nature, l'homme fit le jardin puis les villes Dieu créa la sonorité, l'homme fit un peu de musique et beaucoup de bruit Dieu créa le libre arbitre, l'homme fit un peu phylosophie et dvint égoïste Dieu créa la différence; l'homme fit la lutte, l'escalave, la concurrence Dieu créa l'humilité, l'homme créa la soumission, le servage, l'humiliation Dieu créa la colère, l'homme fit un peu de justice et beaucoup de violence Dieu créa l'amour, l'homme fit l'amour un peu et beaucoup de viol Dieu créa la mort, l'homme eu peur mais devint meurtrier (2007)

Le verre

Se sentir comme un verre plein d'eau que chaque goutte fait déborder implacablement. Regarder tomber avec avide espoir cette pureté oblongue, cette goutte nouricière au reflets gracieux puis s'en faire lestement poignarder et pris de contorsion se débattre enfin se répandre violemment sur le sol en flaques sanguinolentes. Elle avait les yeux doux où transparaissait l'éclat d'un cristal. Mais ébloui on oublie que les poignards brillent de même. Innocence: meurtrier redoutable: sans savoir, elle plongeait en mon coeur palpitant sa lame pure. Et mon coeur s'ouvrit de la largeur de son sourire; s'épanouissant d'hémoragiques chimères. Quand elle passa sans rien de plus vers d'autres songeries. Au coeur du verre, la goutte pur, fondu dans le volume, avait pourtant fendu lourdement ma sereine contenance. (2007)

Le puit

Sentiments et émotions regardent ils toujours un puit dont la sombre profondeur rend indistinct les reflets de la possible eau y reposant? Ces flous mouvements qui parcourent artères et veines en vibrantes necessité de plonger boire ce qui peut-être fraicheur désaltérante ou poison de douleur dans l'ombre incertaine mènent il là où s'accompli l'être ? Je vois la surface de ses yeux, j'entends l'echo de sa voix, je surprends l'apparent déhanchement de sa vie dans le halo d'une faible bougie maladroitement tendu par mes soins mais son goût sur ma langue étend son mystère dans l'abysse. Le poison vieille étouffant son rire sous mon aveugle regard, j'en sens déjà l'imaginaire teneur de supplice; Cependant ne pas en oser la saveur met en tempête les ondulantes soifs, tord les organes, sclérose l'ossature, étrangle les poumons, taillade la gorge, ver rongeur assoiffé. entre douleur de necessité et supplice chimérique, l'espoir indéci se déhanche frénétiquement pris de vertige cramponné au rebord d'un puit, plein de se laisser y choir pourtant, les yeux perdus fixés dans l'abyme où git peut être maux, peut être saveur. Le sait elle ce trouble, ce sombre puit fascinant qu'elle est ? le sait elle, être cet élixir ambivalent ? quand elle à ce regard, ce sourire, de balancement ou ce rien simplement d'être ? lui ferais je savoir dans ma possible chute ? (2007)

Tu me manques

Tu me manques, oh oui, comme tu me manques ! Je te regarde traverser mes songes d'un pas impitoyablement fuyant vers l'horizon sombré de mes jeunes ans. Mes espoirs s'enroulent dans le ressac venant lécher ma crédule chimère à chaque vague puis s'en allant, las, crissent sur le sable sec et desert. Je n'oublie pas ! (Là est l'enfer de vivre) L'exultation des sens de jours passés où nous parcourions nos chairs, plein, ivre, où tu t'étais en ces femmes incarnés. Je n'oublie pas, non ! Les frémissements, l'effleurements des peaux et des langues que le vent marin griffe sur mes larmes en fugue lointaine doucement chuintant: Sur l'horizon tes lèvres roses s'étirent chaque matin où si peu je m'éveille mais l'océan ne se laisse franchir et je m'échoue de récifs en sommeil. Tu me manque, oh oui, comme tu me manques ! Mystérieuse bien aimé qui m'échappe. Quel nouveau masque as tu pris, quelle nouvelle ombre te dissimules et puis m'égare ? Te laisseras tu de nouveau choyer par ma main amoureuse ? qui s'écorche à creuser le sable et dont la marée saline mue chaque plaie en torche Je m'aveugle à ce soleil du fol espoir encore et encore jusqu'à la nuit venu où l'attend encore l'insomnie de mes souvenirs jusqu'au matins noirs Lorsque tes deux lèvres roses s'étirent... jusqu'au matin clair où peut-être alors ... (2007)

couler l'encre

"Prenez garde ! Grande vigilance ! Un poète à fait couler l'encre : Respire à nouveau le phoenix poésie de son haleine de rosée et d'encen ! Sa terrible sirène reprend son chant à tout vent, à qui peut l'entendre, et embaume les êtres en plein mal d'inspiration de ses entrelats de mots ennivrants ! Prenez garde aussi, Marin endurci humant vos certitudes ! Qu'elle ne s'insinue parmi vos opiums et ne vous ensorcèle ! Vous dévéte de vos orgueils putréçants ! Vous pourriez plonger malgré vous en son sein profond d'écume et mourir noyé dans sa beauté petit matin. Vous pourriez boire ses larmes, incarner ses rires et vous prendre à sculter les nuages du ciel sur le miroir océan. Prenez bien garde ! Grande vigilance ! Un autre poète fait couler l'encre ! (2007)

voyage

Elle va en voyage: Cap sur l'alizée ! Mais traîne sa lourde ancre qui la retient dans le limon de ses souvenirs... Elle envisage pour voile les ailes d'une mouette qu'elle prend pour un aigle; celle ci l'encourage de rires moqueurs et vole au loin puis disparaît là où se noit le regard éperdu... Son grand mat sombre porte une voile déchirée qui bat au vent murmurant une lithanie ambigu qui parle d'horizon aux boréales cicatrices... Elle part en voyage vers l'alizée: elle a déjà parcouru le chemin d'une larme... (2007)

front

Alors, par les forêts impénétrables; déchirés par des ronces acérés, invisibles, de l'injuste justice du destin; sans se laisser distraire de nos plaies béantes, ni les triturer, les faires suppurer, les nourrir de poisons, en laissant couler le sang pur et nourissié; nous porterons la responsabilité de nos non choix, l'abyme hérité, fier et arrogant, main en main, regardant se lever le soleil et sa torpeur émminente ! jusqu'au bout, consummé dans sa lumière... ! (2007)

mélancolie

AH te voilà toi, Mélancolie ! Tu t'étais terrée ces derniers jours au fond de mon lit froid peut-être, ennuiée de mon absence. Me revoilà et tu me mords de nouveau les entrailles avec vigueur comme un chien au retour de son maître; Tu me fais fête à ta manière... Et toi, solitude, tu m'embrasses de nouveau goulument n'est ce pas ! Serez-vous toujours les fidèles écuyer de mon existence? Ignominieux gnomes d'un enfer enfoui en moi ! Ange eternellement déchu ! Ils étaient beau ses amis de quelques jours, je vivais dans leurs rires, leurs regard. Je respirais aux mouvements de leurs palpitations. Puis j'ai retrouvé mon foyer où résonne ce que je suis mais ne me répond que mon écho. (2007)

le long de l'onde

Le long de l'onde et son secret miroir, je pousse du pied les songes d'un soir qui ricochent le long des quais à nue et me reviennent éclabousser le coeur. Ces goutelettes de chimère embue Quelque peu mes yeux. Mais leurs fraicheurs Doucement désaltèrent mon tumulte. M'envahissent des vapeurs océanes. Comme c'est bon le flot apesenti D'un jour éteint dont encore on frémit ! (2007)

mirage

Je darde mon regard sur elle lorsqu'elle n'est pas a moi oh si elle savait avec qu'elle gourmandise je la regarde onduler en volutes apétissantes dont s'exale la saveur de sa profonde sensualité mais elle n'est pas à moi quand son attention divague ici et là elle m'échappe et je la dévore de ce regard secret lui dérobe un peu l'indecence de son essence de femme la beauté nature, inattentive, de son être interdit je la saisi d'une chimère enfante le desir, la passion des corps puis la relâche dans sa réalité, éloigné de moi elle s'en va. je ne retiens que son souvenir... (2007)

dupe

Vous avez écoutez ses larmes Plus que mes cris de colèresVous avez banni ma fureur Sans écosser son sens Tranquille chantez vous Tranquille et sans heurt Les remous vous font peur Et le calme mensonge Forge votre vérité. Elle avait été diable Qui éveille la colère Puis de larme devant vous C’était joué une victime Vous avez cru cela Partisan du martyr Dupe des apparences Partisan des sourdines Vous avez banni ma fureur Et le diable sous ses larmes Rie encore de bon cœur (2007)

Parc Georges Brassens 6

Comme les hivers parisiens, Oh mon beau parc, Sans neige et sans éclat, Te font tant ressembler A ces vieilles personnes Qui vaquent par tes allées : Ta chevelure de branche sèche Que le vent ne décoiffe plus ; Ta peau à l’herbage dru A l’écorce marquée Qui n’exhale plus Qu’une odeur ocre de terre humide ; La couleur de lait caillée De ton gravier ; Tes dents et ongles brunis ; Ton dos voûtée ; Et ce pas lent Que prends le discourt des oiseaux ; Puis ton lac Asséché comme leurs regards. Mais au creux de tes reins Derrières quelques haies encore feuillues, Juste lové contre la cours d’école Où s’égaient Les chérubins insouciants, Le thym et le laurier, La lavande et la sauge, Le romarin, Comme en leurs cœurs, Embaume encore Des parfums d’un vieil amour printanier Infiniment vivant. (2007)
Passerai je ma vie à n’embrasser qu’un rêve : m’extirper d’un corps au frontière infranchissable ? Passerai je toute ma vie dans cette camisole de peau, de chair et d’os sans en jamais trouver le confort qu’y trouvent les fous, inconscient et heureux ? Ne ferais je tout ce temps d’existence qu’un gallot immobile pour m’arracher à ce lierre qui m’enserre, m’enlace et m’enveloppe plus qu’une ombre ? N’y serais je jamais qu’un exilé ? …Y serais je un jour indigène ? (2007)

le pays idéal

En ce lieu, les souris re dansent insouciamment. (ou : Ici, les souris se trémoussent insouciamment) Le ventre arrondi comme un trou d’emmental, Elles vaquent sans aucun souci de ville à champ, Parlant fort gaiement de tout : de rien au final. Ici, le temps même ne sait que faire de plus : Il lui est interdit de souffler à plein poumon, De trop s’épanouir, d’être même un peu ému ; La clémence est de mise, tout doit être à raison ! Ici, la vie n’en finit plus d’être… paisible. La mort même s’est lassée de lui faire la cour, Tant il était aisé d’en être son amant. Ici, le chat est repu ; gavé de bible, On lui laisse le trottoir pour prêcher l’amour. Au pays idéal, on sourit tout bêt’ment. (ou : Ici, on sourit comme un arracheur de dents) (2007)

dimanche 29 mars 2009

Bris de vers 3

Je suis un ruisseau qui se noie dans une rivière
*J’ai besoin, Ni plus ni moins, Besoin de vous, Votre confiance, Et puis votre Reconnaissance, Et puis, et puis, De votre amour Qui se dévoile.
**Je Regardais les hommes Moi Qui n’en était qu’un ! Perché sur mes rancœurs, Je Les disais sans grâce Trop plein de suffisance ; Moi Qui n’en était qu’un ! Me suis-je jugé moi-même ?
***Suis-je encore vivant Si je n’ai plus ton regard Qui dessine mon corps A l’endroit où je suis
****Les corbeaux autour de moi Déjà attendent Leurs croassements sagaces Volent mes derniers souffles Tu es loin.
*****Petite rose A peine éclose Je te regarde ouvrir ton cœur A l’inconnu Et tes pétales Comme des voiles Prennent le vent avec ardeur
******Pleurer des larmes intemporelles jusqu’à n’être plus qu’une momie de souvenirs jaunis. Mais boire à la source des nouveaux jours
(2006)
M’endormir entre tes bras Comme un enfant que je n’ai jamais été Et laisser ta main, Magnanime et gracieuse, Errer Par les herbes folles de mon crâne, Peut-être débroussailler un peu Mes mauvaises pensées. M’endormir entre tes bras, Appesanti sur ton sein Qui respire sans heurt D’un rythme de berceuse, Y voguer de rêve en rêve Tel un radeau miraculé. M’endormir entre tes bras, Nu, Nu comme on naît ! Enfin (2006)
Prononcera tu mon prénom, ange du destin, Au creux de son oreille ; avant qu’elle ne vint Se faire une idée cruelle de ce pauvre humain Que je suis ; avant que ses obédiences d’airains M’exclu sans aucun préavis de ses desseins (2006)
Je me souviens d’un jour de Mai Où tu n’avais plus que des larmes Sur tes deux joues pour exister Et pourtant et pourtant Se dessinait dans chaque histoire Que tu nous contais en ce jour Encore un peu de tous ces rêves Moi j’aurais tant voulu te dire Mais que te dire en ce jour là Quelques mots creux y a rien de pire Alors je t’ai pris dans mes bras Et j’ai recueilli tes soupirs Sur un bout d’épaule sans voix (2006)

Des haillons de papier

Que me reste t-il De ces jours de ces nuits De ces sombres envie Que me laisses tu Dans le cœur et la nue De ce soir déjà vu Des haillons de papier Des haillons de papier Que seras demain Ce soleil dans le ciel Ces prairies de matin Que seras l’avenir Sans ta main qui me lit Les lignes de ma vie Des haillons de papier Des haillons de papier (2006)

Blues

Comment parfois le blues vous prend la main et vous promène dans des allées de fleurs fanées, où des abeilles errent d’une rose à une edelweiss pour ne sentir que s’échapper sous leurs pattes les pétales fripés entre lesquels il n’y a plus rien à butiner d’un cœur vieilli. Il vient amicalement, un doux sourire sur la lèvre et le suivre se fait simplement, sans le vouloir mais avec cœur. Pourtant comme on y aimerait voir des panaches de couleurs, des volées de pollens… Je ne sais pas bien ce soir pourquoi il est venu me prendre la main mais assis sur un coin de lit défait, j’arpente inlassablement avec lui ce sentier désolé. (2006)

Ulysse

Je t’envie tes larmes Ulysse Toi qui demi dieu pleurait chaudement Sans que quiconque n’en fasse une faiblesse. Je t’envie ces larmes Ulysse Qui ce soir à flot me déchire l’âme Sans trouver la fontaine lacrymale où jaillir Etre un homme aujourd’hui Ulysse Ne se suffit plus de bravoure et d’honnêteté De celles dont tu faisait tant preuve à pleurer ainsi Mais se mesure à l’imperméabilité D’un masque, Ulysse, à l’expression rigide Derrière lequel s’effondre tout le sens de ton Odyssée. Je t’envie tes larmes, Ulysse Car à ne pas les sentir perler à mes joues Je ne sais plus si je suis digne d’être épargné des dieux. (2006)

Automne

Alors qu’à peine sortie du four estival, la croûte terrestre irradie d’une moelleuse tiédeur que déjà mère nature de son souffle frais vient garnir d’un nappage de feuilles caramélisées sa surface, Je me déguste goulûment une part de cet automne naissant.
* A cette heure indécise où la lumière harassée d’une journée de labeur s’allonge, plein d’apaisement, sous un drap polarisé ; les fleurs et les éléments lui viennent emprunter une étoffe à l’éclat profond Dont mon œil arrondi se vêt sereinement.

Haïku du train

Le son éclate Puis rebondi De wagon en wagon * Paysage suspendu Le train tranche L’horizon * Souffle enroulé Sur une seconde Vidé

Puisque

Et puisque dans mes mains je n’ai plus que du sable Puisque la nuit a perdu ses étoiles dans l’air glacial Qu’à l’horizon les mirages fuient toujours devant moi Et qu’il n’y a plus d’eau pour épancher mes espoirs Et puisque les jours sont brûlants, sans ombres où s’abandonner Puisque je ne voix ni n’entends plus les songes de nos pères Qu’à mes pieds il n’y a que des débris de souvenirs coupants Et que j’ai soif encore comme un enfant aux yeux écarquillés Et puisque les cris n’ont plus d’écho et se voit lentement enseveli Puisque ma bouche se craquelle à ne manger que des couleuvres Qu’à trop hurler contre vent et marée ont en devient sourd et muet Et que j’ai tant à t’embrasser toi qui dors peut-être au bout du désert Quand bien même il ne me sera offert que la mort avant d’être à toi Qu’il me faille finir par ramper sur mes plaies suppurantes Et que là bas je trouve un océan plus impitoyable encore Je viens à toi, belle émotion, car rien d’autre ne trouve sens ici bas. (2006)

J’ai déposé…

J’ai déposé cet insatiable réveil de peurs Sur cette vielle table de chevet Aux tiroirs débordant de souvenirs baveux Et je m’en suis allé, calmement, Laissant son tic tac oppressant Se fondre à la marée sonore environnante, Déguster les pommes d’amour Qui s’offrait, simple et nu, A ma main oxygénée. (2006)

On aurait pu…

On aurait pu dessiner des marelles dans le sable Puis franchir d’un jet de pierre les marches graduées Qui sépare notre enfer égoïste du paradis fraternel. Sur des bambous séchés, jusqu’à l’heure indomptable Du trépas, battre et battre la mesure intensément ; Puis ne pas céder lâchement à la douleur de chaque pas Mais y céder comme on sourit à la mort, humblement. Je vous regarde depuis toujours mes frères de faiblesses Comme dans un miroir implacable, et je ne me reconnais pas ; Pourtant je suis tout comme vous, si loin de ces desseins Que des larmes se brises sur mes joues quand je pense à cela. (2006)

Elle part…

Elle part ! Dans son grand sac d’horizon, Elle emporte les battements de mon cœur ; Et sur une bite d’amarrage, j’encre ce qui me reste de vie : Le chagrin et l’espoir déchu. (2006)

Un jour

Un jour, à l’heure où nos souffles se taisent, Nos corps s’alourdissent d’immobilité, Nous partirons rejoindre l’immensité ; Et tout ce que nous fûmes Fusionnera enfin (2006)

Avons-nous…

Avons-nous par nos espoirs s’écorchant l’un l’autre, nos orgueils et nos frayeurs implacables, nos inconscients mépris, et ces mots quand le silence avait d’ineffables appels symbiotiques, marché sur la fleur que nous humions ensemble avec aux bords des narines comme un frisson de plénitude ? (2006)
Et voilà ; elle est mariée. Je suis seul dans ma boite de conserve. Une ardente fatigue résonne en moi, indécise, ne sachant être peine ou joie, nostalgie ou espoir. Les mots, toujours les mots sur la feuille me reste alors. Un brin de musique envahi la pièce. Je me laisse bercer. Et j’écris. Une présence manque. Une de ces présences qui sans mot dire, d’un regard négligeant vous rassemble un peu. La solitude me pèse.

Le pianiste

Sous la peau de ses doigts, de l’ivoire encore muet ; Dans son cœur, le sang qui, de plus en plus, jaillit. Alors que ses yeux boivent le feuillet ; Encore incertain, son être déjà n’est plus de cette réalité. Les souvenirs remontent comme des vagues pour venir épouser ce qui déjà dans son esprit s’esquisse : une nouvelle réalité sonore, un pays de possibles. Une inspiration profonde ; humant les lignes de croches avant l’ultime souffle ; Et son corps plonge, s’écoulant le long de ses artères dans le plus profond de ses doigts, pour enfin pénétrer une touche toute crémeuse, puis une autre d’ébène, puis de multiples au goûts nacrées, à la peau de sabbat ; la danse de son corps monte et descends en vague de sons ; Tout fond dans le poumon de bois qui chante tel une sirène amoureuse, tout, tout ce que jamais les mots non pu dessiner ; et ils résonnent en elle, et ils emplissent l’air de poèmes indicibles, tous ces dires muets ; et les fontaines coulent abondamment de miel et d’eau pur. Elle est piano comme un songe exaucé : Sa sérénité pleure enfin ! (2006)

Soir sans voix

Aujourd’hui, Je n’ai plus de mots : Mon dictionnaire cérébral s’est vidé : Que dire encore Pour combler ce qui n’est pas Et qui pourtant m’appelle ? Une vérité de plus, Une prophétie peut-être ? Le bout de ma plume ne sait plus Et la feuille s’ennui De cet incohérent charabia De courbes et de traits (2006)

On aurait pu

On aurait pu apprendre à être agile ; A devenir des acrobates du songe Autant que des sages du mouvement ; Faire de nos muscles De plus habiles outils, De nos neurones De plus puissantes puces (minutieux opérateurs) ; Démultiplier nos réseaux cellulaires, Le pixel (l’acuité) de nos sens. On aurait pu l’apprendre Plutôt que de se complaire fièrement A devenir des assistés. (2006)

La tête haute

Envole toi mon corps, Déploie tes gestes dans le vent ! Je ne les déplumerais plus de cauchemars, C’est promis ! Elève toi juste de quelques rires Que je vois par dessus le barbelé des peurs, La lumière sur la plaine ; Ouvre enfin à pleine gorge Cette cage thoracique où se compriment Mes songes, Mes envies, Et prend l’air à pleine voile ; Tourné vers l’horizon ; Oh ! Gonfle toi infiniment De liqueur et de sang ; Dénoue le lierre épineux qui t’écrase Et devient moelleux comme brioche Autour de mon cœur ; Respire, Respire encore, Sans y voir le rapt d’un oxygène libre, Et nous irons par les chemins La tête haute, Le cœur serein ! (2006)

Ce vieux monde

Ce vieux monde qui, dans sa chaise roulante, Au châssis rouillé sous la peinture fraîche, N’avance plus que par un vieux reste d’élan ; Ce vieux monde là, depuis déjà longtemps, Crache des glaires acides sur le jardin d’Eden. Il a cru, un froid matin, en être banni Parc’ qu’après avoir cueilli et mangé le fruit, L’arbre ne tendait plus, sous ses yeux ignorants, Qu’une pauvre branche nue, sèche et cassante. Ce vieux monde humain, à la mamelle africaine, A l’âme européenne, aux rancoeurs orientales Et aux rêves américains, s’effraie d’agonies ; Ses deux roues, peu à peu, s’usant et s’épuisant Sur les chimères décharnés du même jardin. (2006)

Le choix à faire

Il est là, cet abysse ; En moi ; Ce vide impénétrable Qu’il faut combler D’un écho Qui me ressemble ! Deux ondes s’y rendent possible, Deux bruyantes musiques, Qui s’escriment sans se décider, Et attendent le verdict, Insaisissables. Mon esprit s’emmêle de questions, Leurs flux et leurs reflux, En houles, De synapses en dendrites, Inondent les neurones Et tournent, Et gambergent, Et gambergent, Et gambergent… Stop ! Il s’agit d’émoi ! L’espace vide demande à résonner Non à déraisonner. Ecoutons plutôt ! Les deux ondes sonnent faux, Au départ, Vagues irrationnelles d’arguments Qui s’entrechoquent, Se disloquent, Et s’enraillent, Et puis, et puis, A force d’abandon Tirant ses sens à plein poumon Se distingue l’impensable. Alors que l’une reste cacophonie, De plus en plus, en discorde, L’autre, Sous le fil des fausses notes, Des arythmies, Des larsens, S’esquisse comme une mélodie Certes encore imparfaite Certes encore hésitantes, Mais un semblant d’harmonie Trouve, dans la cavité, sa voie… : Un écho qui me ressemble ! (2006)

Qui je suis ?

Presque rien, juste quelqu’un, rien de plus, rien de moins ; quelqu’un de cœur, d’humble pudeur, qui vous attend au fil des heures ; Vous qui peut-être un peu perdu, simplement cherchez à en rire, à s’en dédire… avec quelqu’un ! (2006)

Viens

Oh viens ma douce concubine Dont l’absence éternelle croque le souvenir Viens emplir de tumulte Ma pauvre inspiration et que je n’expire plus qu’en toi ! L’air me manque d’oxygène Et je me noie doucement dans la misanthropie des bannis A ne pas te trouver. Viens un jour sans couleur même, un jour muet et sourd ; Aux rivages insensibles, Mais dont la ligne d’horizon se laissera juste enjamber. Viens nu et sans bagage Comme un vent maritime T’allonger sur ma peau Et je serais heureux ! (2006)

Cette vie

Cette vie, Je la jette Aux griffes des noirs nuages depuis tant de pluie déjà Elle est mienne pourtant ; Traversé de bourrasque certes mais, parait-il, de clairières aussi ! Le nez dans mes cauchemars, Je franchis des prairies bourgeonnantes sans les voir Et je rouvre les yeux Lorsque le bois tortueux est de nouveau mon ciel. Ouvre tes sens mon ami, Ouvre les vite, avant le soir des funérailles ! Il parait que c’est si beau Tous ces matins que le soleil colore peu à peu ! (2006)

Etre un Homme

Laissez moi être un homme Peur et frayeur Laissez moi lever la tête Et le bras et la voix Contre foudres et tempêtes Contre satins et soies Les pieds enracinés De courage et de sang ; Et que la mort me vienne Si elle doit à cette heure Me prendre sans que je plie Ni ne fuie Même alors Car je serais un homme Au cœur ayant battu ! (2006)

Insaisissable démon

Ils me dévorent ; Ils sont là Au creux de moi Et tournent et tournent, Lions en cage, Entre mes viscères et ma gorge. Les mots les cherchent comme des clés ; Les notes les prient comme des dieux ; Mais ils tournent toujours, Insaisissables, Au fond de moi ; Chevaux indomptables Que je chevauche, à bout de peine, Agrippé à leurs crinières de laves ; Démons de moi-même Que rien ne saisi ni n’exorcise, Glissant comme des couleuvres, Ne me laissant Qu’une queue de lézard dans la main Lorsque pourtant Je la tends vers une feuille Pour les libérer. (2006)

Morde mes envies

Pousser des portes, A grand coup de cœur ; Les désosser de leurs verrous ; Et ne plus juste regarder, Par un œilleton, La vie qui passe, au-delà. Tordre les barreaux D’une grille scellée de rouille, Et entrer dans le bois enchanté Que tant de fois, mes rêves, D’un regard, Ont arpentés follement. Et mordre à mes envies Enfin les embrasser A en avoir même Les lèvres baignées de sang ! (2006)

Danse, ami, danse

Danse, l’ami, danse Sur l’aube ou sur les soirs Les nuits s’effraient de cécités Les jours s’éblouissent de fièvres Danse, l’ami, danse Dans l’alcôve naissante La demi teinte incertaine Danse, l’ami, danse Sur la lisière des morales N’écoute pas leurs concerts Ils ne veulent qu’être sanctifiés Danse, l’ami, danse Au de là des oracles Par de là les constellations Danse, l’ami, danse Entre chiens et loups Laissent les hurler à la lune S’étriper l’illumination Danse, l’ami, danse Que s’éclaire ou S’assombrisse l’horizon. (2006)

Déjà

Dans un poème passe le temps de l’écriture. Vous n’en faîtes qu’une bouché, de ces deux lignes là ! Mais des années d’errances et de songes et d’encre S’alignent sous vos yeux en ces stances choisies. (Combien, indécise, la phrase, à ce conclure Car chaque mot hésite à venir s’y lover De peur que le distille ne devienne fragrance ; Combien de temps la plume fut suspendue en l’air A s’abreuver du temps, du bon parfum d’enfance, Avant de s’écouler en souvenirs secrets.) Vous lisez toute une vie dans le vol d’un regard Et vous tournez la page, Déjà… (2006)

La meurtrière

Nue ! Nue jusqu’à la moelle, Dans la rue je me dresse, Mandoline enchantée. Ta barricade étale, Devant moi, l’indolence, Où tu restes lové. Si je tends un accord, Tu m’accordes un sourire ; Par une meurtrière ! (2006)

Me lover là

Je voudrais, enfin, sur le fil des jours, Emouvoir quelqu’un ; Etre cette émotion sacré, Que berce Un coeur étranger ; Plus qu’un corps étendu qui pourfend l’air, Plus qu’individu ; Atteindre l’écrin battant d’une belle Et me lover là, Caressant, dès l’aube, ces paupières D’un rien de saveur. (2006)

Oh ma cruelle espérance

Soit sans concession, oh ma cruelle espérance, Traîne mon corps fragile sur des graviers de chimères, Pétri mon désert de jardinets assoiffés, Ne me laisse pas de répit ; Plantent tes griffes dans ma chair, A souffler des mots qui jamais ne seront qu’air, Des rires éternels qui à l’instant s’effacent, En m’offrant des matins quand les jours tombent en pluie ; Bat, bat des ailes joli papillon du chao Mais ne me laisse pas dans cette vie de rien Qui suppure et qui râle de n’avoir pas de sens, Sans ton voile de rêve. (2006)

Souvenir Céleste

Parfois, Quand les grands vents se taisent, Que les nuages Alors s’embrassent, Lorsque couvert d’une mousse, Le ciel prend un Incertain volume, Je tombe dans un souvenir. Doucement, Dans la surface crémeuse, Un doigt de lune, Oubliée, se trempe, Avec légèreté, il fend, Sinuant sans fin, L’onctueuse voûte Et trace une forme familière. Doucement, Il se dessine lui-même Et je me perds en Moi. (2006)

Le papillon des larmes

Voilà un modeste mouchoir de mots Pour recueillir ses émouvantes larmes Qui t’honore. Tu me parlais d’avoir un commentaire A en faire. Mais il n’y a plus de mots après les larmes ; Elles en sont le dernier. Alors laisser, comme l’encre sur le papier Lorsque l’encrier s’est renversé Sur le poème inachevé, couler ces larmes, Et, peut-être, avoir l’audace de plier la feuille Pour, après tout ce chagrin, y voir naître L’empreinte d’un papillon.… (2006)

L’enfant près de mon coeur

J’ai, lové près de mon cœur, Un enfant malheureux. Seul, il pleure de fatigue Et se frotte les yeux. Il voudrait bien s’endormir et rejoindre la nue Mais, de rêve et de soupirs, un pauvre cœur l’étreint : « Ne m’abandonne pas oh ma belle enfance Ils sont tous si triste en habits de brouillard Je n’ai plus que toi beau bambin, plus que toi ! Je ne veux pas leurs ressembler ; garde moi de ça ! » Le pauvre enfant épuisé, agonise de peurs Prisonnier de mon cœur, il voudrait bien m’aider Mais son heure a sonné, les souvenirs l’appellent. Il ne peut que mordre et me faire saigner de peine. (2006)

Cœur de flanelle dans un bain d’acide

Cœur de flanelle dans un bain d’acide Je passe parmi vous Et, peu à peu, vos suffisances Me ronge et me dévore ; Peu à peu, trognon de cœur, Je pourris lentement Sous vos yeux rassasiés, Oxydé par vos rires. Mes graines se sont atrophiées Sous la caresse de vos méprisantes mains. Elles ne trouvent plus de page Où dessiner l’arbre De leurs destinés. (2006)

Parc Georges Brassens 5

Lorsque le monde devient trop lourd pour mes yeux fatigués Je viens là, sur ce banc Toujours celui là Je ne sais pas pourquoi La vue est sans miracle Juste belle Mais mes larmes y coule doucement Plus qu’ailleurs Es ce l’étendu d’eau qui étire mon regard jusqu’au petit âne de bronze Où la ronde des bancs et des arbres aux branches ébouriffées autour du petit bassin Es ce l’impassible cloché qui me jette un regard de biais Où plutôt les volubiles voix d’enfant qui, derrière moi, rebondissent en cascade Es ce le simple équilibre des perspectives ? Ce banc est comme hors du monde : à son extrémité et pourtant en son centre Tout est peut-être là Où peut-être es parce que j’y ai trouvé mes premières larmes d’adulte. (2006)

Parc Georges Brassens 4

Si un jour, cher lecteur, vous passez dans le parc ; venez m’y saluer, j’y serais, sans nul doute, flânant par les sentiers, perché près du cloché, ou appesanti sur un banc. Si vous ne m’y trouvez pas alors saluez simplement au hasard car vous y croiserez, c’est sur, le pan d’âme que j’y est laissé ! (2006)

Parc Georges Brassens 3

Jolie jardin ; effaçant une frontière Où tant y voit des barricades Jonchées de cadavres sanguinolents Et d’yeux fracturées de haine ; Derrière tes hauteurs se dressent, Comme une muraille infranchissable, Les immeubles du petit monde Qui du haut de son guet S’attendri sur tes attraits ; Au devant de ton esplanade se prélasse, Comme des bedeaux affairés, Les bâtisses des mondains Qui appesanti sur leurs balcons Ecoutent ton jet d’eau chanter. De ce regard croisé Ont aurait bien pu parler de guerre Et là où aujourd’hui un enfant rie Plutôt entendu le chant des batailles Mais tu es là oh mon joli parc, Comme un message d’espoir, Car entre ses deux mondes Qui vis-à-vis se dévisagent Tu as grandi couvert de fleurs ! (2006)

Parc Georges Brassens 2

Doux tombeau aux verdoyants repos, Au marbre liquide et caillouteux, Fleuri d’enfants et de paisibles vieillards, Où les râles passées, les gorges saignantes, Où les bovins décapités ont fini de gémir, Pour enfin s’apaiser sous ton poumon floral. Comme dans une chanson de Brassens, L’ironie, ici, est un pied de nez : L’abattoir est abattu, le parc vivant, Et tes reliques beuglants sont figées dans la pierre Accueillant le passant pour un deuil oublié. (2006)

Parc Georges Brassens 1

Parc Georges Brassens ; Je commence un poème Assis sur ta beauté Et déjà les mots me manquent ; Tu les as épuisé ! Ils se prennent dans tes branches, Trébuchent sur tes rochers, Ne trouvant pas par où Refléter tes attraits. Les oiseaux, de leurs chants, En troublent le phrasé Et les lignes se courbes Comme serpente et sinue tes allées Les rimes et les vers S’emmêlent dans leurs pieds Car ici tout fait la ronde et s’enroule Autour de ton cloché Qui seul garde raison Du temps tant oublié (2006)

Le reflet du miroir

Il me regarde. Il ne dit jamais rien. Profond comme une abyme, Pourtant impénétrable, Il guette la moindre nuance, Le moindre de mes traits. Il me regarde, L’air de rien, Et vole sous mon nez, Insolemment, la grimace Qui, petit pas à petit pas, S’étend sur mon visage. Il me regarde Et je lui tire la langue. Je le dévisage à mon gré, Lui étire la bouche et le nez, Puis disparaît de sa vue. Quand je reviens ; il rie de moi. Tu me regardes, Intime ennemie, Insondable ami, Toujours rivé à mes yeux, Et je te regarde, moi aussi. Tu ne cèdes pas ; jamais ; Jamais avant moi. (2006)

Torrent de vie.

Torrent infernal, Déboule, S’enroule, Dévore cannibale, Les années, Les pensées, Et m’entraîne, Sans but, Dans sa cavalcade J’y ballote, J’y écope, J’y suffoque Je me débats, Nage, Cherche du bois, Rien n’y fait, Je m’y noie peu à peu. « La rive, oh la rive ! », Je tends le bras, Mais je dérive en houle fracassée, Et les brindilles de la berge cèdent, Une à une, Les rives lissent, Me glissent entre les doigts, Un à un, Les matins se disloquent, Finissent en loques, En glas. Et je croie, Je prie, malgré moi : « Lac, Oh lac, Accueille moi enfin ! Ne suis-je pas digne d’être serein ? » Mais l’horizon se fond en courant, En remoud ravagé d’émoi et de râle, En eau glacée, Enragé de temps à dévorer. (2006)

Noyé de blues

Mourir, oh mourir ! Sur des arpèges impeccables S’effacer dans un accord défait Mourir Noyé de blues et de musiques ! D’une vie de petits tracas Se fondre en tympan de flanelles Et mourir, oh mourir Noyé de blues et de musiques ! (2006)

Oh mon coeur

Oh mon cœur ferme ta porte Les fantômes sont cruels, voient tu Ils entrent sans prévenir Et traîne leurs chaînes rouillées Oh mon cœur scelle ta porte Ne là laisse pas être belle Déposer l’encens et la myrrhe Puis s’évaporer en fumée Oh mon cœur ferme tes volets Il a plu sur la campagne Les fleurs s’embaument de désir Et l’odeur me monte au nez Oh mon cœur scelle tes volets La lumière se fait aimable Elle s’irise d’avenir Je ne veux plus y compter Oh mon cœur tourne la clé Tourne, tourne malgré ce ciel Mes horizons, toujours, se déchirent Il me faut les condamner (2006)

Assis sous la lucarne

Assis sous la lucarne, J’écoute les confidences Que murmure la pluie Aux tuiles du toit. Ces commères du ciel Caquette de bon cœur. Moi, pèlerin de douleur, Je vagabonde sur leurs histoires. Je lève alors mon visage Et plonge du regard Dans l’opaque pâleur Qui imprègne les cieux. Ce mur blanc d’infini M’avale d’une bouché. Ici tous me ressemblent Le néant, même, y pleure tel un enfant. Puis je tombe en mille gouttes Et m’éclate pesamment Sur la vitre ruisselante Où agonisant, j’attends. Le verre glacé et dur M’invite à m’écouler. Je me laisse faire. J’ai rendu les armes il y a … Lourdement, mon visage s’abat Et pénètre le papier peint. Le rire des tuiles me retient. Je souris tristement. Assis sous la lucarne, Qui sanglote doucement, Je repose un peu mon chagrin. (2006)

Nouvelle Année

Les jours ont cascadés Sur le calendrier ; Parfois en ruisseau chantant, Parfois en torrent de maux, Parfois traînant son eau, Parfois le flot filant. Et puis voilà ce jour, Où, déjà, se noie une année, Où prennent sources Les vœux d’une autre. Quoi que l’on irrigue, Que l’on draine : C’est ainsi ! Alors que celle-là, d’année, Te reflète un peu plus, Te ressemble encore mieux ; Et advienne que pourras ! (2006)

samedi 28 mars 2009

La Personnalité

Au début on la déteste ! Elle vous habille de force D’un informe vêtement Vous vous débattez Vous vous indignez Mais rien n’y fait. Puis l’habit prend son moule S’empreinte à votre silhouette Vous gante parfaitement Vous vous désespérez Vous vous méprisez Mais rien n’y fait Puis il devient votre peau Votre nécessaire repli Votre personnalité Vous vous résignez Vous vous habituez Et tout est fait. (2005)

L’âge des vertus

Peut-on croire Quand la nuit est si noire Que le jour va venir ? Peut-on prendre Un chemin au matin Sans craindre de s’y perdre Avant la nuit venu ? Je regarde tes rêves Enfant bien endormit Tes rêves pleins d’espoir Et je meurs en silence De ne les avoir plus Où passe les comptines A l’âge des vertus ? (2005)
J’ai passé les saisons et ma plume y a bu. J’y ai fait quelques pas : Les empreintes sont là Imprégné sur la page. Je vous laisse Toutefois le printemps Tout comme l’hirondelle. Faite en bonne aventure !

Oh bon père

Je te regardais oh bon père Tes larmes étaient bien chaudes Et ton cœur de cristal Je te regardais oh bon père Du bout de l’œil Tu n’avais pas compris encore Même de ton âge avancé Tu n’avais pas compris encore Que tu avais réussi Je te regardai oh bon père Ecartelé ta vie Pour l’écorché de faux pas Pour l’effrité De regret Et de noirceur Pour y ronger tes blessures Je te regardai oh bon père Oublié que tu avais réussi Ta femme et tes enfants Et le bonheur autour Et le reste Tous ces moments ineffables Je te regardais oh bon père Et je pensais alors Quand tu aurais compris Quand tu aurais compris Que réussir sa vie C’est laisser quelques plaies Oh bon père Que rien au monde n’est parfait Même la voix du bonheur Qu’il n’y avait qu’à accepter Cette imparfait du temps Avec toutes ces rides au visage Oh bon père je te regardais Et malgré quelques rides Tu avais réussi ta vie … (2005)

Mon homme

Je l’aimais bien mon homme Avec ses ch’veux bruns, ces yeux pommes Y m’ plaisait bien mon homme A être mon prince, à faire tout comme Y m’ faisais rire mon homme Quand dans sa bouche y’ avait des rimes Quand nos deux corps jouaient en mime Y a pas à dire cet homme C’était mon homme J’en ai connu des hommes De ces paons là au mots d’abyme J’en ai touché des hommes A la peau sale, l’ coeur maritime Ils m’ont touché ces hommes Sans m’ caresser, sans y penser Sans voir mes yeux encore cerné Y a pas à dire cet homme C’était mon homme T’avais un cœur mon homme Un cœur de roc serti de plume Et dans tes bras mon homme J’étais la reine des milles et unes Contre ton corps mon homme Je fleurissais comme le lilas J’étais une terre de sabbat Y a pas dire cet homme C’était mon homme Mais t’es partie mon homme Là-bas où plus rien ne respire Et j’ai des larmes mon homme Elle coule un peu et puis s’étire Et j’ai des rêves mon homme Plus que des rêves et plus que ça Ton cœur qui bat au fond de moi Y a pas à dire cet homme C’était mon homme … (2005)

L’heure du thé

Je commence à vieillir oh ma douce vie. Déjà sous la tonnelle, où jadis je ne venais Que si la belle engeance, de sa beauté, flânait, Je m’assois au long court et aime à y traîner. J’ai, sous cette tonnelle, aujourd’hui, pris le thé Et son goût n’en déplaise était plein de saveur. Oh vie ! Comme hier ce thé fut amer à mon coeur. Et le long de ces heures dans ma gorge bien calme Il coule voluptueusement, et envoûte mon âme. Je commence à vieillir oh ma douce vie. (2005)

La statut du jardin

La ronde des bedeaux affairés Cliquette flash et s’éparpille Banane en bandouillère repu Elle seule reste imminente et nu Des siècles déjà coule à sa pierre Les regards ne s’y compte plus Grâce d’émeraude incendiaire Sous le soleil encore ému Près d’elle insouciant de sa sagesse Les amants allongés se tordent en baisés Un musicien tzigane guitare en liesse Lui joue un petit air gaiement improvisé Elle élancée immobile attend l’heure Les bras étendus comme saisissant au rebond Une balle où d’un bosquet lancé un bouquet de fleur D’un galant d’outre tombe dont s’est perdu le nom Tient au creux de ses mains mon cœur battant. (2005)

Claire (de lune)

Claire ; oh la lune - ce soir si pale - Réclame ton éclat Ce soir elle est jalouse - de n’être pas - Reine de la nocturne Et ton sourire - ne lui déplaise - Voile sa grandeur Tes pieds pourtant - d’écorchures taillées - A peine cicatrisé Tes mains aussi - de fêlures déchirées- Pas même encore assoupli Ton regard surtout - D’abyssale teneur - Tout encore éreinté L’ombre t’a rongé ma belle - tes racines te brûlaient – Et t’as danse était griffe Mais cette main - toute tendre - Tout au creux de la tienne Et les nuages s’étiolent - l’ongle s’arrondi - Et ton sourire s’éclaire Rien de toutes ces traces - esquissées encore - Ne rassure la lune Tes démons d’antan - vilaines orties - Agonisent à ses flans Elle a du clair obscur - natté à ses cheveux - Plus que la sombre part La reine de la nocturne - Ce soir n’en déplaise - C’est toi …A ma cousine Claire juste mariée (Mai 2005)

Trois heures et demie

Sonne les trois heures et demie La neige nimbe les parterres Passant je perds mes pas un peu Parmi la nuit qui mue qui prie Les chats chassant, mettent en charpie Traces terrassées que je trace Puis s’en vont dévorer vorace Le reste de mes rêveries Dépossédé de mes peut-être Je parsème de chrysanthème De cauchemars, la blanche laine Moelleusement couvrant ma tête Le froid fait fureur en mes failles La neige pleure sans me faire fuir Le temps qui traîne sort de son rail Je ne vois plus bien l’avenir Sonne les trois heures et demie Les chats se chamaillent à tu tête La neige nimbe l’humble nuit Mes pas perdus partent en quête. (2005)

Le chant des rues

Il chante devant chez moi Et mes oreilles bourdonnent Il chante seul dans le froid Et ça me met en rogne : Mon calme, mon repos J’exige, je le vaux La pierre est dans ma main La loi me dit c’est bien Mais comment la lancer Il ne fait que pleurer Mon calme, mon repos Il n’a pas de repos. (2005)

Les anges existent

Les anges existent ! Je vous le dits Je vous l’affirme Ils sont là, parmi nous ! Et vous en êtes. Un jour, une heure Pour quelqu’un, quelques part Vos ailes se déploient ; Et vous en êtes. Longtemps, parfois, Une fois seulement peut-être Qu’importe. Vous en êtes ce moment là ! Les anges existent Et se sont nous. (2005)

Avoir ce temps là

Se laisser porter ; Avoir ce temps là. Se laisser porter Légèrement ivre Par la poésie. Pas à pas Les mots se miment S’entremêlent Et dessinent Des portraits de satin Des palais de Satan. Pas à pas Les veines s’épurent Les muscles respirent Les mépris s’apaisent ; Ils vous laissent bien. Avoir ce temps là De la poésie. Plus rien, pas de raison, Plus que les sens ; Voyage Vers une entité retrouvée : Pensées et émotions Embrassées De nouveau. Se laisser être ; Avoir ce temps là. (2005)

Croix de bois, croix de fer

Lancés ensemble, sans retenue, où roulez vous ainsi ? Accordés quelques temps, encordés maintenant, à la vie Unis ; démunis un peu, peut-être. Pourtant le pas fait, Résolus, sans retenue, rien à redire, rien à refaire ; Entre vos bras, entre vos doigts, croix de bois, croix de fer ! Nus comme des vers, la pomme croquée, où courez vous ainsi ? Trouver des rimes à vos matins, mêler vos ombres, et puis ? Et puis quoi après tout ! De blond à brun, robuste à frêle Tant de contrastes, tant, mis en cajoleuses querelles ! Rire et sourire, ce qu’il reste de « pire » à vous prédire,A maudire tendrement, jalousement à vous offrir. Parce que ; que d’audace à s’enlacer sur la grand-place, Hardiment, ardent, malgré ces folles années qui passent. Avec ta gueule de métèque, avec ton air de midinette Et tous vos secrets de pacotilles enrubannés au doigt, L’avenir n’a pas de sens, juste l’essence et la foi, La croyance d’une alliance ; et c’est si beau si bête. Et c’est tant beau si bête qu’à ma question ne répondez pas ! Faites, faites ce qu’il vous adviendra, ce qu’il vous pourra ! Ah ! La vie est belle parfois, belle comme un regard d’ami(e) ; Y brille l’abondance, y brûle des rêves fous, des beaux lilas. Entre vos bras, entre vos doigts, croix de bois, croix de fer ! Tout le reste ne compte pas ! (Ou bien que j’aille en enfer !) …A Lolo et Raph juste mariés (02 Avril 2005)

Ce monde

Ce monde mérite-t-il ma vie J’ai tant de nuance en attente Il ne m’enveloppe que de gris Et ni me traîne ni me tente. Ce monde mérite-t-il mon bras Plein de vigueur et de courage Il le soudoie le mène au pas Et ne lui laisse qu’une rage Ce monde mérite-t-il ma voie Elle peut frémir de tendre lyre Il cloître son élan sous des croix Et teinte ces éclats, ces riresCe monde est-il un peu de moi J’y passe chemin d’espoir vêtu Pourtant rien n’y ressemble à ma foi La lumière reste blafarde, obtus. Ce monde est-il un peu de nous Quand je vous prends dans mes bras Que nos voies chantent, se nouent L’une à l’autre et oublie les combats. (2005)

Pauvre plume

Pauvre plume qui se traîne lasse S’abreuvant de nos heures éperdues Titubant vaguement sur le buvard Pauvre plume ; tu pleures pour moi Les gouttes d’encre, à jamais, déchues Les mots misérables de l’espoir Pauvre plume, ivre de vie inventée, De volutes volages, de voilures lâchées, Ne te reste que le noir de mes bas fonds noyés Pauvre plume ; je te saisi tendrement pourtant Mais nos confidences, à la feuille, laissées N’ont pas le goût du sel des rivages amants Pauvre plume, pour une fois dis moi Ce que ton cœur rêve de croquis enchantés Que nous composions un conte à ta mesure Pauvre plume ; je te prête mon bras Fait fleurir les fous et fastes alizés Fait battre mon cœur de belles angelures. (2005)

Main à main

Ils marchaient, main à main, enlacées, par les rues, Attachés plus que tous, l’un à l’autre, à la vie Ils marchaient, main à main, amoureux pour un sou Chamaillé sur le zinc un matin au café Ils ne cédaient l’étreinte, contre vent et marée, Face au flot des passants, l’étreinte de leurs mains Et tous ceux qui tentaient passer entre leurs cœurs Se devaient contourner l’ineffable teneur Pourtant ; elle arriva, clopinant sur sa canne, Cette vieille égoïste, cette enfant de putain Et sur le macadam, pourrissant de chagrin, Traîne l’ombre passé de leurs mains enlacées. (2005)

Vieille peau

Cette peau qui se drape de toute sa langueur Que tu aimais flatter de ta main impudique Cette peau s’est muée en peau de chrysalide Délaissée sans regret du papillon Jeunesse Cette peau s’épand à ma branche fragile Son argile séchée n’a plus que des morsures Tu la regardes encore de tes yeux tendrement Mais la passion s’est tue sur l’étoffe fripée. (2005)

Désir et bagatelle

Quel est ce besoin, implacable appel, D’assouvir ce qui vient, désir et bagatelle. Es se ce manque, ce vide sans fin, Cette absence d’un cœur non accordé au mien. Traque de solitude, comble bien mal, En fioriture de fortune, babiole en étale. Mais rien, plus rien d’autre Ne trouve le génie de colorer encore. Je plonge dans ces fantômes. Breloques superficielles me tienne en idiome. (2005)

Vous

Je vous est regardé passé Loin de mes bras ouvert, lancés Vers vous. Vous que je trouvais si belle, De tous ces petits rien qui danse En vous C’est vrai je ne suis pas un roi J’ai le pas un peu maladroit J’avoue Mais j’avais les bras étendu Des offrandes plein le cœur Pour vous Vous ne m’avez pas même vu Lorsque ces pleures ont couru Après vous Et noie chaque jour l’espérance De revoir passer l’indolence Et vous. (2004)

Vermoulu

Le bois vermoulu S’affaissait sous son silence Et le train qui partait ne le retenait pas. Le banc trop fendu Tenais toute sa défaillance Et la fumée déjà se fondait au nuage bas. « Quand reviennent les bons mots, Pensait le mal aimé assis sur sa peine, Si les trains les emmènent où le regard se perd » Sa canne de vertu Ne l’aidais plus vraiment Et les rails infinis se perdaient loin là-bas. Ses larmes suspendues ne le retenaient pas. (2004)

Ne reste plus

L’hiver de la plaine parfois S’invite dans nos cœurs craqués Et des larmes se cristallisent Alors, à nos joues en lambeaux. Ne reste plus que le temps…

Tu n’es pas venu

J’avais vu des étoiles se baigné dans la mer Eclabousser le ciel d’une écume nacré J’avais senti alors de la terre craquelée S’exhaler les parfums sous les gouttes des pluies Je croyais que les jours s’allongeaient dans la nuit Et puis s’endormaient là au lit d’une clairière Je dessinais des rêves sur la peau des matins Des rêves comme des pommes pas encore cueillies Des rêves pleins de sueur et de chair et de feu Où mes mains écornaient ton corps de barbarie Où je creusais sans fin des volutes amoureuses Et brodais une écharpe d’entrechat de satin Mais tu n’es pas venue et aujourd’hui encore Je n’ai que des chimères pour maquiller le temps. (2004)

Peut-être

J’avais cru dans ce baisé, De nos regards éperdu, Voir naître le printemps. Mais tes yeux ont neigées En vieilles craintes émues Et gît l’hiver maintenant. Seul, loin de là, de ce jour, J’attends que pousse une fleur, Vainement… peut-être. (2004)

Je vous attends

Toutes les histoires d’amours Ont fuit mon âme. Elles se baladent quelques parts Dans la voix des enfants. Je reste seul. Je vous attends. (2004)

Tant

J’avais tant de rêve, Tant de romances. Le temps aurait pu être tendre Envers mon cœur d’opaline. J’avais tant de promesse, De ces désirs à venir. Les augures auraient pu sourire A mon cœur pris de vers. Ne me reste que des lambeaux d’espoir, Le fil des jours qui fuit, Et l’encre de la nuit, Pour abreuver un peu ce vieux regards. Je t’attends Toi qui m’a ému l’autre soir. (2004)

Cette Guitare étrange

Je suis cette guitare étrange, Qu’un musicien aventureux, A accordé non pas en la Mais au diapason d’un cheveu. Longtemps j’ai joué en barré, Pour me fondre dans les orchestres, Mais quand on a gorge serrée, La vibration est bien plus leste. J’ai essayé la liberté, Mais elle porte la solitude. Ont a vite fait d’être émarger, Lorsqu’on dissone d’avec le la. (2004)

De la tête au pied

Einstein dit un jour : le temps est relatif ; Il va plus vite à vos pied qu’à votre tête ! Si l’âge est de sagesse, beau « pied » portez La jeunesse de l’esprit qui va bille en tête, Sans voir les pierres et les ronces sous ses pas, Tout de ferveur et d’insouciance, sur d’être Au dessus de ça. « La tête », jeune intrépide, vous avez l’avenir Certes, mais, au secret de vos divagations, Un pied marin soutien vos maladresses ; Et si vous allez prestement vers cet avenir, « Le pied », de sa sagesse, rattrape votre équilibre Jeune entêté. (2004)

Les femmes ont des seins

Les femmes ont des seins ! Et voyez vous, ça, nous les hommes On aime bien ! Depuis tout petit déjà… Hun ? Non pas que pour ça, Mais un peu tout de même ! …Quoi ? C’est bien dommage, Parce que les petits seins, On aime aussi ! Surtout lorsqu’ils sont bien portés, madame ! Je suis vulgaire ? Je vous faisais compliment pourtant Vous avez le poumon charmant Et je n’en démordrais pas ! Un procès peut-être ? Pour compliment ? Fort bien madame,…pardon, mademoiselle, N’en parlons plus. Mais nous pourrions, Sous des draps de satins, Débattre plus avant, Sans mot dire ? Mademoiselle ! Je vous montrerais De quoi tiens mon propos ! Venez… (2004)

Damoiselle

Qui êtes vous damoiselle Qui paraissez ici Comme un fruit juste mûre Et pas encore cueilli En robe de satin Apprêtée pour offrir Sa sapide liqueur Au gourmand a venir ?

samedi 28 février 2009

Bris de vers 2

J’ai oublié les adages amoureux Qui filtrent nos regards, Pour enfin percevoir ce qui de vos yeux Me fais peindre les soirs.

Saurai-je, un jour, vous croiser, Sur les douces traces du hasard, Le pas errant, étourdi de l’averse, Le cœur en éventail.

J’ai posé au creux de vos mains Un doux pétale d’humilité. Cette fleur dont je suis empreint, Malgré moi, pour l’éternité.

Et la tête dans les mains, rien ne sera vain, La tête dans les mains, danse le destin, Car la tête dans les mains, c’est la vie qui nous tient.

De ces gestes que l’on fait, banal et évident, Qui pourtant offrent des couleurs à chaque pas osés.

C’est comme un éclatement spectral, Une giboulée de miel, une sonate, Qui diffuse par les stances banales, Et immacule la joue un peu mate.

Pour guider ses larmes au lit de cette rivière Qui hydratera votre cœur asséché. Pour que la réalité ne soit plus un fardeau Mais donne ce pas plus sur vers l’avenir.

Et le temps charrie ses ombres de secondes

J’ai vu sortir de terre, cette voie immense Bravant l’arme et le fer, de milles cœurs amer. De toutes les patries, de toutes les pénitences, Cette voie unanime dévoyant l’aube guerrière.

J’ai vu un instant l’envers D’une ombres dans le miroir.

Trouble nos âme belle avenir. Trouble nos âme, porte le jour, Parmi les volutes des danses, Parmi les échos du cristal, Les champs en fleurs, Les beaux reflets.

Le soleil se cache au creux de l’océan Pour noyer ses larmes dans le flot dessalant.

Donnez-moi une plume, j’en ferais une main Errante et suave sur la peau d’une feuille.

Le papillon me dévisageait de ses ailes fardées de regards

Des morceaux

Des morceaux Des morceaux de vie en lambeau Des morceaux comme des copeaux de rires Comme des bris de larmes Des feuilles froissées Des feuilles aux encornures écornés et brûlés Des feuilles de chrysalides, pans de peau séchés Au bout d’une branche déracinée Des pots de terres craquelés Des pots de terre dont l’eau s’étiole peu à peu Des pots de terre fracturés d’innocence Tant de fois colmatés Des miettes de pain dur Des miettes de pain incrustées dans le bois d’une table Des miettes de pain comme des bouts de vécus Qui griffent la paume des mains Des morceaux de vécu Des morceaux de poussières qui hantent les parquets Des morceaux aux parfums rances et ternes Aux craquements insistants Mais qu’importe Qu’importe leurs couleurs Qu’importe les lézardes qui les sillonnent Qu’importe leurs rugueuses mélopées Ces morceaux sont les notre (2004)

Le baisé

Si nous ne nous disions pas ces mots d’amours ! Les ébaucher seulement sur le rivage de nos lèvres, Pour ne pas les fustiger de banales ecchymoses, Comme une mauvaise habitude qui croit peu à peu. Un peu amant, un peu amie, un peu rivale, Laissant poindre le temps sans y penser jamais, A la lisière imprenable et béates de nos songes, Se fondre et se confondre sur l’onde des abysses. Et puis se déchirer, s’épanouir, étendre notre empan, Se saigner à s’étourdir en d’étrange transe de sueurs ! Nous mélangerons nos essences intimes, nos sarments Sur le toi du monde ! Que ne plaisent aux inquisiteurs. Alors, la peau juste sauvage, exorcisée des adages, Nous défierons les pâles reflets de la morale, Glas des apparences, fardeaux d’amertume, Que naissent des poèmes sous l’aube d’un baisé. Mais au jour de partir nous saurons infiniment : Pourquoi nos yeux sont troubles quand il est tard, Et que bondissent les misères assassines des raisonneurs, De ceux qui croit la vérité nichée au fond des discours. Nous porterons alors la couleur des insoumis, Celle qui éboule l’incohérence meurtrière des sermons, Celle qui couvre de honte la doctrine des bien-pensants, Celle qui entame la face rigide de mille rides épanouies. Et nous deviendrons un sourire lacé dans l’éternité, Qui résonneras avec entrain, folâtrant dans son écho, Jusqu’à ne plus se reconnaître, s’émerveillant d’avoir, Humblement, goûté la vie, sans jamais la prononcer. (2004)

l’éveil

Les ombres s’effacent, peu à peu, Sur les cimes verdoyantes. A pas de velours, elles laissent La grâce des reflets faire de bleu Les voiles des flots ondulants. D’abord, les nocturnes ombres Se cachent derrières les arbres, Les murets, les pans des églises. Puis, démasquées par les couleurs, S’enfuient en hâte dans les caves. Les oiseaux et les lyres, alors, Encouragent, de milles mélodies, La venue de la gracieuse aube, Qui s’étire et baille, bien doucement, Se faisant ardemment attendre et désirer. Infimement, le jour ouvre son œil ; La paupière de l’horizon se tend ; Les cils dessinent des arcs colorés, Tout autour de l’iris encore brumeux, Et grandissent les clartés du ciel. Un feu d’artifice, de mille pastels, Inonde, par vague, le plafond des cieux, De violet nuancé, puis de sanglant éclat, D’orange et de jaune émaillé, enfin de bleu, Pareil à l’océan, qui y mire sa beauté. L’astre suprême, alors, conquière Les terres et les vallons étoilés, Pour imposer son seul éclat, Sur le monde désemparé, Et féconder, ma mie, ton éveil. (2004)

La guitare

De se corps ondulant, oblongue fantaisie, Sur le long coup tendu, je prolonge la vie, De six drus filins, chanteurs de chevalets, Dont la justesse est celle des chevaliers. Puis je caresse timide leurs peaux cuivrées. Déjà l’air inspiré frémi et s’enchante, Porte la bohème jusqu’au cœur confiné, Pour y faire battre des accords enlacés. Déjà les larmes éperdues font silences, Et s’écoulent sereinement le long des joues. Déjà la vie n’est plus la même sous ce vent. Elle se laisse bercer de belles plénitudes. Elle ferme sans ride alors ses paupières, Car la mort n’est plus une vieille ennemie. Elle retrouve les haleurs de l’insouciance, Et s’abandonne à son sort embrassant un mi. Ma main fugue, sur ses cordes frémissantes, Equilibriste qui d’une corde à l’autre, Fait des entrechats, jongle de milles notes. Et les mots même des poèmes s’y taisent. Mon ventre se fond à l’écorce tremblante, S’unit au poumon de bois, vibrante amante, Qui devient ma voix tamisée et grisante, De pastels d’aveugle, de paroles muettes. Je ne suis alors qu’une âme d’éclisse, Glissant du sillet au lit d’une rosace, M’épanouissant dans la gorge bucolique, De doux harmoniques que filent les frettes. Je ne suis alors plus q’une essence de son, Une balade perdue qui erre sans nom, Dans les vallées de l’harmonie et de l’abscons, Dans les volutes mélodiques d’une oraison. J’existe au delà de l’intelligible, Au delà des verbiages et de leur sens, Emporté loin de ce monde d’obédiences. Là où seule la musique trouble l’âme. (2004)

Contemplations

De ces petits jardins cachés derrière la haie, De ce potager simple où grandi la saveur, Des sucres fruitiers et des douces légumes. De ces jardinets là en arc en ciel de fleurs, De ces parcs affinés par le fleuret de l’art, Dont le peintre ne peut que l’esquisses grossières. De ces espaces verts où se promène l’âme, Me restent, à jamais, des reflets de couleurs. De ces champs infinis ou s’ébattent les blés, De ces friches dorées, mères du pain sacré, Pères de nos repas, et fils de nos labeurs. De ces vignes assommantes qui drapent les coteaux, De ces jachères droites qui portent à l’horizon, Regards et chimères à en perdre leur hôte De ces cultures belles qui nourrissent ma vie Me reste, à jamais, le goût des grands terroirs De ces grandes forêts où naissent les histoires, De ces bois majestueux où s’enchante la bise, En mondes féeriques, en muses de héros. De ces vierges bosquets où l’air pur s’abreuve, De ces étendues d’arbres qu’habitent tant d’oiseaux, De lutins, de lapins, de sorcières et de biches. De ces terres couvertes où s’abritent mes songes, Me reste, à jamais, le chant des feuilles au vent. De ces étendues bleues aux reflets lunatiques, Des ces grandes contrées aux abysses imprenables, Qui emportent le cœur des marins intrépides. De ces lagons discrets aux volutes sauvages, De ces bouts d’océan perchés dans les replis, Les rides de la terre aux confins des déserts. De ces ruisseaux tranquilles qui arrosent mon cœur, Me reste, à jamais, la fraîcheur angevine. De ces monts insolents qui effritent le ciel, De ces monts imminents que le temps laisse là, Figés comme des titans, gardiens d’eldorados. De ces monts éternels au cocardes neigeuses, De ces monts assagis de rondeurs sauvages, Où bien armés de dents pour dévorer la lune. De ces montagnes belles que mon cœur chéri, Me restent, à jamais, des ardeurs ineffables. De tout cela encore, sur les chemins de terres, De toutes ces merveilles qui bordent mes empreintes, Dont je n’ai à ce jour effleurées la rencontre. De tout ce qui existe dans les recoins du monde, De toutes les masures, de toutes les olympes, Qui attisent mes sens et forgent le bonheur, De toutes ces beautés je garde la douceur Lovée près de mon coeur (2004)